Présentation…

26 juillet, 2008

 

Salut à toi,

Celui ou celle que je surnomme volontier Théophil(e)!

Ce blog n’est pas du prosélytisme ou du sectarisme. Il est avant tout un lieu de PROPOSITION pour ceux et celles qui sont en recherche, et qui veulent prendre le temps de LIRE et d’ECOUTER, par amour pour la musique et sa science!

J’aime ces musiciens, qui ont pu, grâce à leur talent, chanter et composer pour la LOUANGE du CREATEUR…

 

Lire la suite… »

Banquet très saint

8 avril, 2015

Commentaire du chant « Banquet très saint » (ZL 26-17,  CNA 779), composé par Philippe ROBERT.

Article publié dans la revue CAECILIA, dans son édition de mars 2015.

Banquet très saint, Fête dans la maison de Simon le Pharisien; Pierre Paul RUBENS; vers 1618Fête dans la maison de Simon le Pharisien; Pierre Paul RUBENS; vers 1618

Le refrain est adapté de l’antienne « O Sacrum Convivium », composée par saint Thomas d’Aquin et utilisée pour les 2èmes vêpres de l’office du Saint-Sacrement dont voici la traduction : « O banquet sacré, où l’on reçoit le Christ ! On célèbre le mémorial de sa passion, l’âme est remplie de grâce et, de la gloire future, le gage nous est donné. Alleluia ».

Attardons-nous à l’histoire de l’antienne et de l’office du Saint-Sacrement. Un culte en l’honneur du Saint Sacrement existait dans certaines régions mais sans être généralisé. Le plus important se trouvait dans le diocèse de Liège où sainte Julienne de Cornillon (1192-1258) permis son expansion. Un office liégeois « Animarum cibus » fut composé sous sa direction, par un moine cistercien du Mont-Cornillon, vers 1240. Or vers 1237, le futur Urbain IV était archidiacre de Liège. Il avait eu connaissance de sainte Julienne, et de la composition de l’office nouveau qui grâce à elle, fut diffusé dans le diocèse de Liège à la suite du Synode de 1246. En 1262, à Bolsena (à mi-chemin entre Sienne et Rome), on raconte qu’un prêtre célébrant la Messe, doute de la présence réelle. Le sang jaillit de l’hostie consacrée et laisse des traces sur le corporal. Le Pape Urbain IV fait apporter ce linge à Orvieto, ville voisine où il résidait. Il décréta en 1264 par la bulle « Transiturus« , que la fête du Corpus Christi, déjà célébrée çà et là, serait étendue à l’Eglise universelle. Mais pour la première fois en liturgie, non seulement un pape prescrit la célébration d’une fête, mais en impose tous les textes. Avec la bulle se trouve l’office « Sacerdos » et la messe « Cibavit », attribués à saint Thomas d’Aquin qui était de passage à l’Université de Rome. Ces textes associent justesse théologique et saveur poétique. Ils sont utilisés encore aujourd’hui pour la fête du Saint-Sacrement.

Le refrain (comme l’antienne « O Sacrum Convivium ») se divise en 4 sections nous montrant chacun un aspect de l’Eucharistie. Tout d’abord, la dimension du pain comme réelle nourriture, mais où l’on confesse que c’est bien le Christ lui-même. Ensuite, le lien entre le pain eucharistique et la Passion. Il est avant tout l’actualisation du Sacrifice de la Croix, cœur de la célébration. Puis les effets de cette nourriture : le pain eucharistique est là pour nourrir notre âme, mais d’une nourriture spirituelle provenant de la Croix : la Grâce. C’est la nourriture de la Rédemption. Enfin, le pain eucharistique est une mise en bouche de la gloire de la Résurrection à la fin du temps, où Dieu lui-même nous fera asseoir à sa Table et nous servira. D’un point de vue harmonique, la 1ère section commence en Mi Mineur pour se terminer sur une ½ cadence (accord de Si Majeur). La 2ème section commence sur Si Majeur mais va conduire à une cadence rompue (au lieu de terminer sur un accord de Sol Majeur on termine avec Si Majeur). La troisième section nous fait entendre avec retard l’accord de sol majeur attendu, mais se conclue par une cadence évitée (retour de l’accord Mi Mineur). Quant à la 4ème section, elle commence avec l’accord de Mi Mineur et se termine par une cadence « Fauré », sorte de cadence évitée terminant avec l’accord de Mi Majeur. La richesse harmonique est à l’image de la richesse théologique du refrain !

Quant aux versets, ils sont la compilation du psaume 33 (34) versets 2, 4 et 9. Le schéma harmonique est en parfait écho avec celui de la 2ème section du refrain magnifiant la célébration du mémorial de la Croix.

 

 

Brillez déjà lueurs de Pâques…

17 janvier, 2015

Commentaire musical publié dans le revue de musique liturgique « CAECILIA » de l’Archidiocèse de Strasbourg, dans son édition de janvier 2015.

Brillez déjà lueurs de Pâques

Le texte du chant « Brillez déjà lueurs de Pâques » du jésuite Didier RIMAUD exprime toute la poésie de la veillée pascale, allant de l’Exultet jusqu’à deux figures de la Résurrection contenues dans la liturgie de la Parole. Même si ce chant peut être utilisé tout au long du temps pascal, il porte en lui  la dynamique de la Mère de toutes les veillées.

Il s’agit d’une hymne, composée de 3 strophes. La musique de Jo AKEPSIMAS la mettra en valeur par une musique sous forme de choral paisible en 7 sections. L’harmonie oscille continuellement entre le ton de Fa majeur et les subtilités du relatif Ré mineur.

Lire la suite… »

… Là où il y a la haine, que je mette l’amour…

14 janvier, 2015

Voici un article publié sur le blog de l’émission radiophonique STELLA SACRA le lundi 12 janvier 2015, suite aux évènement du 7 janvier 2015. Une modeste contribution pour qu’il y ait plus d’amour et de respect entre les hommes…

Saint François d'Assise

…Cet extrait d’une célèbre prière chrétienne pour la paix, faussement attribuée à saint François d’Assise, peut ressurgir de la mémoire et pourrait jaillir sur les lèvres de toutes personnes de bonne volonté, face à l’atrocité des actes d’un 7 janvier 2015 qui ont endeuillé la France…

Pourtant, la mémoire des uns, ne peut nous permettre un aveuglement (même temporel ou momentané) sur celle des autres…

Pourtant, ni le deuil national et l’omniprésence médiatique, qui tout en couvrant respectueusement nos morts d’un catafalque de reconnaissances posthumes et d’émotions face à la barbarie, ne peuvent nous enfermer dans nos frontières, pourtant ouvertes… Nous ne pouvons oublier ni mettre sous silence,  toutes les autres formes de violences extrêmes qui ont également eu lieu entre temps…(par exemple Nigeria ou autres pays pour le présent… Autres lieux et pays pour le passé)

Finalement et hélas, la haine et la violence (comme la bêtise…) sont universelles!

L’engagement à lutter contre ces dernières est un combat tout aussi universel, dont aucun parti politique, aucune Nation, aucune religion, ne peut s’en octroyer la possession, ni même se battre indirectement (comme pour les fanatiques de tous genres…) pour s’en revendiquer l’initiateur ou l’organisateur.

Bien modestement voici un billet perso avec quelques pièces de musique sacrée de Francis POULENC (1899-1963), composées sur d’autres textes de saint François d’Assise (1182-1226) ainsi que « Ubi caritas et amor » de Paul MEALOR (1975-), afin de laisser entrevoir comment la musique a bien des égards, a pour vocation d’être éducatrice et d’appeler à vivre ensemble dans le respect des différences.

... Là où il y a la haine, que je mette l'amour... dans Ecrits personnels trans

Tout d’abord, revenons sur la prière pour la paix, que l’on a faussement attribué à saint François d’Assise.

Lire la suite… »

Tapisserie de la Nativité, à travers les antiennes « O » de l’avent…

17 décembre, 2014

Imaginez que chacune des 7 antiennes qui composent le cycle pour la semaine préparatoire à Noël, soit comparable à un tissage quotidien…

Nous donnant de contempler pas à pas la « Tapisserie de la Nativité« …

C’est vraiment l’oeuvre d’une « fileuse » que le chant liturgique nous donne de vivre.

Une fileuse biblique, où pas une maille de cette « Tapisserie de la Nativité » ne convoque une référence biblique de la première Alliance!

La_fileuse_savoyarde-Leon-roumagnac

En convoquant ainsi un maillage biblique aussi riche que complexe, c’est tout le questionnement de Jean-Baptiste qui trouve une réponse: « Se tient au milieu de vous, Celui que vous ne connaissez pas! » Sans nommer son Nom, le Baptiste invite à la confession de foi envers l’Invisible qui mystérieusement se donne à comprendre. Ainsi la dramaturgie des antiennes est telle que, sans le nommer parce que n’étant pas encore « visible » à nos yeux de chair, elles donnent à comprendre et à connaître Celui qui est vient pour accomplir l’Ecriture.

Tout le tissage biblique de ces antiennes, à l’image de la trame narrative de l’ensemble des « Evangiles de l’Enfance » selon saint Matthieu et saint Luc, nous donne de comprendre Celui qui vient parmi nous! Ce n’est pas moins de 28 citations bibliques qui sont tissées ensemble pour former ce cycle des 7 antiennes « O » de l’avent.

A travers cette oeuvre de « filature biblique« , le maillage de la Sainte Ecriture nous donne goûter et de reconnaitre par anticipation Celui qui n’est pas encore visible! Ce partage biblique est pour nous nourriture afin d’approfondir et de confesser la Foi en Celui qui va naître, et que reconnaitrons comme le « Fils de Dieu« , le « Christ » et le « Seigneur« . Avant même de le contempler, nous pouvons déjà croire en lui, et comme Jean-baptiste, le désigner à tous ceux qui le cherche!

Que ces antiennes viennent au secours de notre foi! Le texte qui va suivre est une publication faite pour la revue internationale de théologie COMMUNIO (novembre 2013), ayant pour titre: « Les titres christologiques dans les 7 antiennes « O » de l’avent« 

Lire la suite… »

… »Une âme au Ciel » ou l’espérance chrétienne de la Résurrection en musique!

17 décembre, 2014

...

 C’est par ce tableau de William BOUGUEREAU (1825-1905), se nommant « Une âme au Ciel » de 1878, que l’on pourrait se demander comment les compositeurs ont su, à la demande de saint Paul, « rendre compte de l’espérance qui est en eux« !

Lorsque l’émission STELLA SACRA de Radio-Jérico Metz avait consacré un cycle aux cantates de Jean-Sébastien BACH (1685-1750), j’avais été surpris par celle qui avait été composée pour Pâques 1707, à partir du célèbre choral « Christ lag in todesbanden« . Le texte de ce choral est une libre adaptation de la Séquence du Jour de Pâques « Victimae pascali laudes« .  En présentant cette cantate pour la radio, je fût saisi par l’intention théologique dans la démarche de composition de Bach. Avec son langage musical, il rend compte de « l’espérance qui est en lui« , ou tout du moins des chrétiens.

La teneur de l’espérance en la Résurrection est tout aussi forte dans l’expression musicale baroque de Bach, que dans l’expression musicale grégorienne du répons SUBVENITE pour la liturgie des défunts.  Pour la revue internationale de théologie COMMUNIO j’avais fait une étude plus poussée sur ce répons, afin de montrer comment la rencontre grammaticale du texte et son expression musicale portent en elle toute l’espérance chrétienne envers la résurrection des morts, dans une dimension eucharistique.

C’est dans cet même esprit, que je vous propose ce commentaire.

 

LE COMBAT DE LA MORT ET DE LA VIE….

Commentaire musical et théologique d’après la Cantate BWV4 de J.S. BACH (1685-1750)

« Christ Lag in Todesbanden » (1707)

Lire la suite… »

« Vienne la paix ». Didier RIMAUD et Jacques BERTHIER

2 novembre, 2014

Commentaire publié dans la revue de musique liturgique CAECILIA de novembre 2014.

Vienne la paix

Le chant « Vienne la Paix » est classé parmi les processionnaux de sortie. Il nous permet de nous reposer la question du chant final. Faut-il en proposer un ou pas ? Concernant les rites de conclusion, le N°90 de la Présentation Générale du Missel Romain dit ceci :

Lire la suite… »

La beauté liturgique? Qu’est-ce à dire?

22 juillet, 2014

Voici une synthèse d’un article de réflexion, publié dans le revue liturgique CAECILIA de l’archidiocèse de Strasbourg, dans son édition du 4 juillet 2014.  Tentant d’amorcer une réappropriation du regard du concept associé de « beauté » et de « liturgique ».

Beauté liturgique

« Ah c’était une belle messe !» Peuvent s’exclamer certaines personnes après l’office, en réponse au micro trottoir ecclésiastique. Cela rassure les uns, flatte les autres… Mais cela parait tellement évident de dire cela, qu’au bout du compte cela m’effraie, et me fait douter de plus en plus.

Rien de plus complexe que de tenter de cerner ce que peut être la beauté Liturgique. Est-il d’ailleurs légitime de parler de beauté liturgique ? Les philosophes ont déjà tellement de mal à cerner la Beauté en tant que tel, alors pensez la difficulté pour la beauté « liturgique » ! Pour notre civilisation occidentale, la notion de Beauté, de Beau sont résolument liés à la conception de PLATON (-428 ; -348) dans son ouvrage Le Banquet. Il demeure la base sur laquelle les générations suivantes chercheront à édifier leurs réflexions, même pour notre époque contemporaine. Le génie de Platon réside dans le fait que la Beauté n’est pas immédiatement accessible, mais qu’elle résulte d’une expérience : on est initié à la Beauté. Cette initiation passe par trois phases : tout d’abord la purification, puis l’ascension, enfin la contemplation.

Lire la suite… »

Dieu comme une fête

22 juillet, 2014

Il s’agit d’un commentaire d’un chant liturgique pour la procession d’entrée, publié pour la revue liturgique CAECILIA du diocèse de Strasbourg, dans l’édition du 4 juillet 2014. Le chant liturgique « Dieu comme une fête » est de Jean SCARCELIA et Sr Victoria CAIANA.

Procession d'entrée

Commenter un chant d’entrée, nous permet de redécouvrir ce qui est dit de lui dans la Présentation Générale du Missel Romain (P.G.M.R.). Il y a deux numéros qui lui sont consacrés. Tout d’abord le 47: «Lorsque le peuple est rassemblé, tandis que le prêtre entre avec le diacre et les ministres, on commence le chant d´entrée (introït). Le but de ce chant est d´ouvrir la célébration, de favoriser l´union des fidèles rassemblés, d´introduire leur esprit dans le mystère du temps liturgique ou de la fête, et d´accompagner la procession du prêtre et des ministres. » La vocation du chant d’entrée est loin d’être une simple musique d’agrément pour mettre dans l’ambiance, ou pour accompagner un mouvement de procession. C’est lui qui permet à la communauté rassemblée de s’unir. La voix et la louange deviennent le premier moyen de communion « visible ». Ils permettent également une communion « invisible », c’est-à-dire faire entrer l’assemblée dans l’intelligence du temps liturgique ou de la fête. Le chant d’entrée ne doit alors pas être choisi systématiquement en fonction des lectures qui seront entendues, mais en fonction de la connaissance approfondie de chaque temps liturgique dont les lectures, dans leur progression continue dans le temps, nous en donnent des aspects particuliers.

Lire la suite… »

Le SUBVENITE, ou l’espérance baptismale face à la mort

1 juillet, 2014

Cet article a été publié dans la revue de théologie internationale « COMMUNIO » pour son numéro de juillet 2014 intitulé: « architecture et liturgie« . Il s’agit d’un approfondissement et d’une remise en perspective d’un billet que j’avais déjà publié sur ce blog, portant le titre: « Le chant du SUBVENITE, ou le chant de l’espérance de la résurrection« .

transport-dun-ame-bouguereau

« Un compendium de l’histoire de la liturgie »

Evoquer la question de la liturgie des défunts s’est embrasser presque l’intégralité de l’histoire de la liturgie. Jusqu’à la réforme liturgique du Concile Vatican II, la liturgie des funérailles fixée par le Rituel Romain des funérailles de 1614 par Paul V, comporte en lui un ensemble complexe, disparate, auquel des états différents de la spiritualité chrétienne font références.

La source la plus ancienne est contenue dans l’Ordo 49[1], qui remonte au VIIème siècle et présentant l’ordo romain des funérailles. C’est dans cette source que l’on trouve la trace du répons SUBVENITE[2]. Ce même répons se conclue par une dernière oraison de la recommandation de l’âme à Dieu.

Lire la suite… »

Connaissez-vous bien Jacques BERTHIER?

5 juin, 2014

Alors que dans quelques jours, cela fera 20 ans que l’organiste et compositeur Jacques BERTHIER aura quitté cette terre (27 juin 2014), des manifestations musicales et culturelles s’organisent. Un site est d’ailleurs consacré à la promotion de son oeuvre.

Mais connaissez-vous bien Jacques BERTHIER?

jacques-berthier-orgue-de-saint-ignace

Nous ne le connaissons que par quelques ostinatos célèbres de la communauté oecuménique de TAIZE, ou quelques oeuvres composées pour la venue de Jean-Paul II en France (1986), et qui ont été diffusées dans les paroisses.

Et pourtant, nous ne le connaissons guère! Sa stature de compositeur ne se cantonne à quelques pièces liturgiques! Car ce n’est pas moins de 1200 oeuvres qu’il a composées entre 1938 et 1994! Toutes n’ont hélas pas été éditées…

Voici une biographie détaillée, et pour prendre la mesure de son talent de composition, une oeuvre vocale « MATER DOLORA« 

 

 

Lire la suite… »

12345...8