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« LA NUIT PASCALE »… Une musique dont l’émotion nous conduit à une expérience de la Vérité… 01 23 avril 2012

Posté par unpretre dans : Manifeste esthétique,Musique liturgique,Réflexion sur la musique , trackback

 

…Le POEME de la VEILLEE PASCALE….

01ère partie

 

 

« La Mère de toutes les veillées » comme disait déjà saint Augustin…

 

 

 

Mais ce même saint Augustin connu une expérience spirituelle par le biais de la médiation musicale lors de son propre baptême par saint Ambroise à Milan… Même si Ambroise n’en semble pas l’auteur, il n’empêche qu’on lui a souvent attribuée l’une des plus belles proses liturgiques de l’eucologie chrétienne: l’Exultet ou « praeconium paschale« . Le texte a été fixé par Innocent III.

Dans ses Confessions, au livre IX, saint Augustin dit bien qu’il « pleure » de la beauté des chants de l’Eglise, et qu’au même moment « la Vérité se distile dans son coeur »… Peut-on exprimer autrement, et avec plus de force, la médiation de la parole mise en musique, dont la beauté des éléments sensibles nous conduisent à ce qui est au delà de tout… A la source de toute intelligence…

Dans son traité sur la musique, « De musica« , au livre premier, saint Augustin développe cette même perspective: la musique, dans son expérience sensible, imprime dans le coeur de celui qui écoute, les « vestiges de la Vérité ». Cette dernière étant à retrouver ailleurs…

Alors laissons nous toucher par la beauté et la profondeur de l’expérience sensible que nous pouvons faire lors de la VEILLEE PASCALE, mère de toutes les célébrations, tant d’un point de vue littéraire que musical…

A travers l’EXULTET, l’ALLELUIA PASCAL précédant l’Evangile, la PROCESSION BAPTISMALE, l’ENVOI PASCAL.

…L’EXULTET ou « PRAECONIUM PASCHALE« ….

L’histoire de l’EXULTET est mouvementée, car c’est assez tardivement qu’il est introduit dans la liturgie romaine… Son style lyrique est volontairement poétique n’a correspondait pas à l’idée de sobriété et de dépouillement de l’eucologie des liturgies romaines. Il aurait sa source vers le IVème siècle dans les liturgies « gallicanes », surtout à partir du nord de l’Italie… Ce qui est une des explications de son attribution à saint Ambroise de Milan au IVème siècle allant jusqu’à saint Augustin. Les musicologues ne pensent pas que ce soit Augustin ni même Ambroise qui en est composé la trame poétique. Il semble peut-être plus tardif… Le « praeconium paschale » ou bénédiction du cierge », est attesté dès le Vème siècle. Ce n’est que vers le VIIIème siècle qu’on le voit apparaitre en forme « hybride » entre les sources romaines et gallicanes dans les sacramentaires gélasiens. Il faudra attendre la réforme grégorienne au IXème siècle pour le voir « officiellement » apparaitre dans la liturgie papale et romaine. Vu un certain nombre de variantes textuelles compte tenu de son lyrisme poétique, c’est le pape Innocent III (1160-1216) qui en a fixé officiellement le texte, soit près d’un millénaire après son apparition.

Laissons nous porter par cette splendide interprétation d’un diacre de la basilique saint Pierre du Vatican, lors de la Veillée Pascale 2011.

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Voici une autre version (Abbaye de Frontfroide à Pâques 2013), plus orientalisante et peut-être un peu trop théâtralisée, mais rendant bien compte de la force lyrique et poétique de ce joyau de la musique liturgique.

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Voici le texte en latin en vigueur:

I) Exsúltet iam angélica turba cælórum:                                                                                             
exsúltent divína mystéria:
et pro tanti Regis victória tuba ínsonet salutáris.

Gáudeat et tellus, tantis irradiáta fulgóribus:
et ætérni Regis splendóre illustráta,
tótius orbis se séntiat amisísse calíginem.

Lætétur et mater Ecclésia,
tanti lúminis adornáta fulgóribus:
et magnis populórum vócibus hæc aula resúltet.

Quaprópter astántes vos, fratres caríssimi,
ad tam miram huius sancti lúminis claritátem,
una mecum, quæso,
Dei omnipoténtis misericórdiam invocáte.
Ut, qui me non meis méritis
intra Levitárum númerum dignátus est aggregáre,
lúminis sui claritátem infúndens,
cérei huius laudem implére perfíciat.

 

V/ Dóminus vobíscum.
R/ Et cum spíritu tuo.
V/ Sursum corda.
R/ Habémus ad Dóminum.
V/ Grátias agámus Dómino Deo nostro.
R/ Dignum et iustum est.

II) Vere dignum et iustum est,
invisíbilem Deum Patrem omnipoténtem
Filiúmque eius unigénitum,
Dóminum nostrum Iesum Christum,
toto cordis ac mentis afféctu et vocis ministério personáre.

Qui pro nobis ætérno Patri Adæ débitum solvit,
et véteris piáculi cautiónem pio cruóre detérsit.

Hæc sunt enim festa paschália,
in quibus verus ille Agnus occíditur,
cuius sánguine postes fidélium consecrántur.

Hæc nox est,
in qua primum patres nostros, fílios Israel
edúctos de Ægypto,
Mare Rubrum sicco vestígio transíre fecísti.

Hæc ígitur nox est,
quæ peccatórum ténebras colúmnæ illuminatióne purgávit.

Hæc nox est,
quæ hódie per univérsum mundum in Christo credéntes,
a vítiis sæculi et calígine peccatórum segregátos,
reddit grátiæ, sóciat sanctitáti.

Hæc nox est,
in qua, destrúctis vínculis mortis,
Christus ab ínferis victor ascéndit.

Nihil enim nobis nasci prófuit,
nisi rédimi profuísset.
O mira circa nos tuæ pietátis dignátio!
O inæstimábilis diléctio caritátis:
ut servum redímeres, Fílium tradidísti!

O certe necessárium Adæ peccátum,
quod Christi morte delétum est!
O felix culpa,
quæ talem ac tantum méruit habére Redemptórem!

O vere beáta nox,
quæ sola méruit scire tempus et horam,
in qua Christus ab ínferis resurréxit!

Hæc nox est, de qua scriptum est:
Et nox sicut dies illuminábitur:
et nox illuminátio mea in delíciis meis.

Huius ígitur sanctificátio noctis fugat scélera, culpas lavat:
et reddit innocéntiam lapsis
et mæstis lætítiam.
Fugat ódia, concórdiam parat
et curvat impéria.

O vere beáta nox,
in qua terrénis cæléstia, humánis divína iungúntur!¹

In huius ígitur noctis grátia, súscipe, sancte Pater,
laudis huius sacrifícium vespertínum,
quod tibi in hac cérei oblatióne solémni,
per ministrórum manus
de opéribus apum, sacrosáncta reddit Ecclésia.

Sed iam colúmnæ huius præcónia nóvimus,
quam in honórem Dei rútilans ignis accéndit.
Qui, lícet sit divísus in partes,
mutuáti tamen lúminis detrimenta non novit.

Alitur enim liquántibus ceris,
quas in substántiam pretiósæ huius lámpadis
apis mater edúxit.²

Orámus ergo te, Dómine,
ut céreus iste in honórem tui nóminis consecrátus,
ad noctis huius calíginem destruéndam,
indefíciens persevéret.
Et in odórem suavitátis accéptus,
supérnis lumináribus misceátur.

Flammas eius lúcifer matutínus invéniat:
ille, inquam, Lúcifer, qui nescit occásum.
Christus Fílius tuus,
qui, regréssus ab ínferis, humáno géneri serénus illúxit,
et vivit et regnat in sæcula sæculórum.

R/ Amen.

 

 

Voici une traduction française adpatée, proposée par « La liturgie chroale du Peuple de Dieu« , dirigé par le frère andré GOUZE…

 

I) Qu’exulte de joie dans le ciel la multitude des anges !
Chantez, serviteurs de Dieu,
et que retentisse la trompette triomphale pour la victoire du grand Roi !

Réjouis-toi, ô notre terre, resplendissante d’une lumière éclatante,
car il t’a prise en sa clarté et son règne a dissipé ta nuit !
Réjouis-toi, Eglise notre mère, toute remplie de sa splendeur,
et que résonne l’acclamation du peuple des fils de Dieu !…

(…)
II) Vraiment il est juste et bon de proclamer à pleine voix ta louange,
Dieu invisible, Père tout puissant,
et de chanter ton Fils bien-aimé, Jésus Christ notre Seigneur.
C’est lui qui a payé pour nous la dette encourue par Adam notre père,
et qui a détruit en son sang la condamnation de l’ancien péché.

Car voici la fête de la Pâque où l’Agneau véritable est immolé pour nous.
Voici la nuit où tu as tiré de l’Égypte nos pères, les enfants d’Israël,
et leur as fait passer la mer Rouge à pied sec ;
nuit où le feu de la nuée lumineuse a repoussé les ténèbres du péché…

Ô nuit qui nous rend à la grâce et nous ouvre la communion des saints ;

Ô nuit où le Christ, brisant les liens de la mort, s’est relevé victorieux des enfers.
Heureuse faute d’Adam qui nous a valu un tel Rédempteur !

Ô nuit qui seule a pu connaître le temps et l’heure
où le Christ est sorti vivant du séjour des morts ;

Ô nuit dont il est écrit : « La nuit comme le jour illumine,
la ténèbre autour de moi devient lumière pour ma joie » (Ps 138,12)…

Ô nuit bienheureuse, où se rejoignent le ciel et la terre,
où s’unissent l’homme et Dieu.

Dans la grâce de cette nuit, accueille, Père très Saint,
le sacrifice du soir de cette flamme que l’Eglise t’offre par nos mains ;

Permets que ce cierge pascal, consacré à ton nom, brûle sans déclin en cette nuit
et qu’il joigne sa clarté à celle des étoiles.

Qu’il brûle encore quand se lèvera l’astre du matin,
Celui qui ne connaît pas de couchant,
Le Christ ressuscité revenu des enfers,
qui répand sur les hommes sa lumière et sa paix.

Garde ton peuple, nous t’en prions, ô notre Père,
dans la joie de ces fêtes pascales.

Par Jésus Christ, ton Fils notre Seigneur,
qui par la puissance de l’Esprit s’est relevé d’entre les morts
et qui règne près de toi pour les siècles des siècles.

Amen !

 

 

 … Remmettons nous dans le contexte liturgique…

… Tout comme les premiers mots de la Genèse… Les ténèbres couvrent le terre…. Ainsi après une arrivée en silence des fidèles et des célébrants… Nous sommes dans la nuit et dans l’absence de paroles… Tout semble vide!

…Mais Dieu, par sa Parole, va créer la Lumière au premier jour de la Création… Ainsi le premier acte de la célébration commence dans la nuit, autour du Feu Nouveau… Le Peuple de Dieu ainsi rassemblé prends la parole, et prends le temps de bénir Dieu pour le don de la lumière… Mais cette lumière va révéler un autre mystère, car après le Feu nouveau a lieu la  bénédiction du Cierge Pascal, en le configurant au Christ lui-même.

 

… Puis le Peuple de Dieu avance en silence, en faisant trois stations…

…. Au milieu de la Nuit, une voix se fait entendre…. Celle d’un diacre…. Un chant apparait….

Le peuple répond en chantant pour la première fois le Cantique Nouveau au seuil de la porte… Elle PASSE de la bénédiction à l’action de grâce pour la Lumière du Christ! Et l’action de grâce se conjugue à la propagation de la Lumière… Chaque fidèle va recevoir, en silence, la lumière…. Cette propagation révèle déjà la mission de chaque baptisé qui sera d’ANNONCER, de PROPAGER la Bonne Nouvelle!

Puis le Peuple de Dieu franchit la porte de l’église…. Il devient lui-même l’Eglise, le Corps du Christ, qui marche en suivant Sa lumière… Et le mystère de l’Eglise ainsi dévoilé se poursuit par le deuxième fois cantique d’action de grâce pour la Lumière du Christ.

Le Cierge Pascal est installé dans le choeur, puis l’Eglise se met en place autour de lui… Nous sommes déjà, par anticipation dans le mystère de l’Ascension, où le Christ Lumière des nations, prendra sa place dans la gloire, auprès de son Père, dans les cieux… Le troisème cantique d’action de grâce pour la Lumière du Christ devient alors un chant céleste: une offrance déjà eucharistique…

 

 

Au coeur du silence et de la nuit…

Dans le choeur de l’Eglise…

Le chant de l’EXULTET retentit par la voix d’un diacre…

 

L’EXULTET est alors action de grâce pour la Lumière du Christ… Il devient l’image de l’Eglise qui a pour mission d’ANNONCER et de PROPAGER la Bonne Nouvelle de la Résurrection… Il devient l’image de l’offrande eucharistique de l’Eglise, qui par le Christ, offre son Cantique d’action de grâce au Père, dans la joie de l’Esprit Saint.

L’EXULTET est la matrice du « Chant Nouveau pour le Seigneur« !

Par sa composition littéraire, l’EXULTET est une école d’écriture pour la prière de l’Eglise. Il est composé d’un prélude et d’une préface. Le prélude ANNONCE les motifs de l’action de grâce, et la préface, construite comme pour une prière eucharistique, PROPAGE et REVELE la profondeur du mystère qui est célébrée!

Par sa lettre, l’EXULTET manifeste, rend présent ce que la liturgie a déployée par les gestes silencieux depuis le début de la célébration: la diffusion de la lumière du Cierge Pascal: à savoir la Lumière du Christ Ressuscité!

Par sa lettre, l’EXULTET manifeste et rend présent la conséquence directe de l’évènement de la Résurrection: à savoir l’ENVOI EN MISSION de l’Eglise. Saint Jean se plaira d’écrire dans son Evangile, que c’est le jour même de la Résurrection que les disciples sont envoyés. Ainsi par le chant de l’EXULTET c’est l’Eglise elle-même qui actualise ce pourquoi elle est fondée: ANNONCER l’EVANGILE à toutes les nations!

Par son « prélude », l’EXULTET manifeste bien ce que la liturgie a révélé précédement dans le silence

Un chant rententit au coeur de la nuit… Ici le prélude nous montre bien que l’Eglise a pour vocation de « chanter au coeur de la nuit ». Et le texte le « raconte » bien, puisque c’est déjà l’ANNONCE DE LA RESURRECTION qui y est anticipée. En effet, on nous dit bien que le roi EST victorieux…. On nous dit que son Règne A DISSIPE la nuit…. On nous dit que l’Eglise est DEJA revêtu de sa splendeur… Qu’est-ce à dire, si ce n’est pour manifester déjà l’annonce de la Résurrection! Mais le mystère est encore « VOILE » par le texte… Il est réel est présent, mais encore « caché »…. Alors ce « prélude » de l’EXULTET manifeste la place et le rôle de l’Ecriture Sainte dans la vie de l’Eglise… Qu’est-ce que l’Ecriture, si ce n’est le voile écrit par les hommes, qui « préserve » la Parole de Dieu… Qu’est-ce que l’Ecriture, si ce n’est une « lettre » faite par les hommes qui « contient », un mystère qui la dépasse… La Parole de Dieu…. Ce « prélude a finalement déjà une saveur biblique… On pourrait aisément considérer ce texte à la hauteur d’un Evangile… car construit comme l’Ecriture Sainte!

En sommes par son « prélude », l’EXULTET dévoile d’une manière solennelle le mystère même de l’Ecriture dans l’Eglise, et nous introduit à la liturgie de la Parole!

Par sa « préface », l’EXULTET manifeste déjà l’OFFRANDE eucharistique de l’EgliseElle a reçu pour missions= d’offrir à Dieu un « sacrifice de louange ». Ainsi dans sa construction, tant littéraire que musicale, l’EXULTET montre que le chant de l’Eglise est une offrande. Nous sommes déjà introduit dans l’offrande eucharistique! C’est l’Eglise elle-même qui FAIT MEMOIRE de l’évènement fondateur, et qui REND GRACE à Dieu pour cela. D’ailleurs à la fin, le cierge pascal sera présenté comme une « offrande » à Dieu le Père, image de l’offrande du Christ à son Père.

La préface est une entrée à plusieurs portes dans la vie de l’Eglise.

La  »préface » de l’EXULTET ANNONCE ET DEVOILE de manière explicite l’évènement de la Résurrection dans son aspect mystérique! Finalement l’EXULTET accomplit l’Ecriture parce que dans chaque récit évangélique, on demande d’aller annoncer à tous que le Jésus-Christ est ressusicté. Par conséquent l’EXULTET actualise l’ensemble des récits de la résurrection!

La « préface » de l’EXULTET nous introduit au PARTAGE et au COMMENTAIRE des Ecritures. En effet, on peut remarquer que l’ensemble des couplets font références à des textes de l’Ancien Testament: la structure narrative est construite comme une sorte d’homélie. On explique l’Ecritures afin de faire comprendre que le Christ devait passer de la mort à la vie pour entrer dans la Gloire. la préface de l’EXULTET accomplit le mystère même des disciples d’Emmaüs, on s’est en commentant l’Ecriture que Jésus aide les disciples à croire en la Résurrection. Par la préface, l’Ecture devient nourriture, et communion avec le mystère de la Résurrection. La « préface » de l’EXULTET annonce et atteste que les ECRITURES sont définitivement ACCOMPLIES!

La « préface » de l’EXULTET nous introduit dans le langage des SIGNES SACRAMENTELS. Il est vrai que la structure narrative de la préface met en lumière, dans une continuité johannique, une théologie de signes. Par exemple le cierge pascal, qui est à la fois perçu comme la « colonne de nuée » de l’Ancien Testament, au moment de passage de la Mer Rouge, passage de l’esclavage à la liberté. Mais également, comme la Résurrection même du Seigneur, passage de la mort à la vie nouvelles. Et enfin, comme le signe même de la vie eschatologique au moment de la résurrection finale. Le cierge pascal est alors « chanté » comme un « signe », qui renvoit à des évènements fondateurs, d’ailleurs la liturgie de la Parole qui suivra les fera entendre! La préface de l’EXULTET, introduit aux « signes » qui sont déployés lors de la VEILLEE PASCALE, et qui donne sens aux choix des lectures qui seront entendus! Tout un programme! Ensuite, la préface fait tout un déploiement poétique sur la nuit. On parle à la nuit, comme on parlerait à une personne! la nuit devient alors un signe: c’est à dire une réalité physique, dans laquelle nous sommes, mais qui nous permettra de recevoir une réalité invisible: Ici c’est le mystère de la rédemption: la Résurrection comme manifestation authentique du pardon des péchés par le Christ.  A travers le signe du cierge pascal, signe de libération et de vie nouvelles; et au travers le signe de la nuit, signe de rédemption: nous sommes introduit dans le mystère même du baptême qui actualisera la libération, la vie nouvelle, la Rédemption!

En sommes l’EXULTET est à lui seul une EPIPHANIE du mystère de l’EGLISE. Il MANIFESTE la vocation profonde de l’EGLISE qui est l’ANNONCE DE LA BONNE NOUVELLE: Jésus-Christ est ressuscité et vivant. Il MANIFESTE les deux poumons par lequels l’EGLISE peut vivre: les ECRITURES et les SIGNES SACRAMENTELS.

 

Par l’EXULTET c’est « l’illumination« , la REVELATION du mystère de l’EGLISE se NOURISSANT du pain de la Parole et des signes sacramentels, pour ACTUALISER un seul but: « Allez dire au monde entier LA merveille que Dieu a faite« !

L’EXULTET nous introduit déjà dans l’ENVOI PASCAL: « Allez… « 

Par l’EXULTET, le mystère de l’Eglise est alors un ENVOI!

Et dès la VEILLEE PASCALE, le chant de l’EXULTET nous introduit dans le mystère de la PENTECÔTE!

C’est L’EXULTET qui REND PRESENT, dans notre histoire, l’EVENEMENT PASCAL!

C’est AUJOURD’HUI que le Christ est ressuscité! 

 

Ainsi par sa mise en oeuvre rituel, l’EXULTET donne sens à tout ce que la liturgie déploiera toute au long de l’année… On « diffuse la Lumière du Christ » et le point culminant sera l’Annonce de l’acccomplissement des Ecritures… On comprends alors pourquoi au sein des liturgies dominicales, l’annonce de l’Evangile s’accompagne de cierges. Par cela, on fait alors écho à cet enracinement pascal! L’annonce de la Bonne Nouvelle est une illumination! C’est la mission de l’Eglise de « diffuser » la Lumière du Christ, par l’ANNONCE de l’Evangile! On comprends alors, pourquoi l’annonce de la Bonne Nouvelle, et l’homélie, sont déjà un « communion » à une nourriture céleste, comme le rappelait Benoît XVI dans l’exhortation apostolique post-synodal « Verbum Domini ». On comprends alors pourquoi, lors de l’office de Vêpres, le soir, et surtout les samedi et dimanche, le Lucernaire a une place si importante: par le chant on offre le « sacrifice du soir » au Christ, Lumière des nations en souvenir de cette liturgie pascale. En chantant un lucernaire, en mémoire de l’EXULTET, l’Eglise ne fait pas que « rendre grâce » à Dieu pour le don de sa Lumière qu’est le Christ; mais elle remet sur ses lèvres, sa mission principale: « diffuser » la Bonne Nouvelle!

D’un point de vue musical, l’EXULTET a bien des choses à nous dire sur la richesse de l’exploitation de modes…

Pour le « prélude », le mot EXULTET résonne avec un mode de sol… Puisque nous partons du sol pour monter à la corde récitative qui est le do. L’incipit de ce prélude est un incipit phare pour le 8ème mode (sol plagal) avec les notes sol-la do-do…. Le style est orné avec de brefs jubilus tourant autour de la core récitative qui est le do. Mais le fin est une suprise, car nous descendons nous pas sur le sol, mais sur le mi! Ainsi le « prélude » n’est pas en mode de sol plagal, mais en mode de mi authente! Ces deux modes ont la même corde récitative qui est le do. Ainsi il y a une sorte d’ambiguité modal, car nous sommes bien en mode de mi authente; mais pour « mettre en lumière » si l’on peut dire la corde récitative, on « emprumte » au mode de sol plagal. Pour nos oreilles contemporraines, le mode de sol plagal, est sans doute l’un des plus « lumineux » parce que ses formules mélodiques sont d’un élan significatif. Mais l’ambiguité modal est bien au service du texte, parce que le mystère est déjà là, mais encore « voilé »! Il n’est pas directement annoncé. Ainsi l’ambiguité modal souligne bien cet état de fait de composition littéraire. On est déjà dans un jubilus.. Mais pas encore totalement accomplis puisqu’à la fin de chaque vers, on termine brièvement par le mode de mi authente!

C’est la « préface » de l’EXULTET, qui va définitivement nous conduire dans le mode de Sol plagal! Il n’y aura plus d’ambiguité possible! Et nous pouvons entendre, comment de brefs jubilus souligne le texte et sa dimension résoluement joyeuse: Nous sommes déjà en train d’Annoncer que le Seigneur est ressuscité: Nous sommes dès l’Exultet dans la joie pascale! Ce n’est pas l’Evangile qui nous annoncera que le Christ est ressusicté, mais c’est déjà l’EXULTET qui sera cette annonce solennelle et joyeuse!

La musique de l’Exultet, malgré sa forme récitative ornée, MANIFESTE en elle la JOIE PASCALE! C’est sans doute, l’une des pièces les plus joyeuses de la VEILLEE PASCALE!

C’est l’EXULTET qui déploie la joie pascale, encore mieux que l’ alléluia! Car après tout le mot « alléluia » n’a de sens, dans la vie chrétienne, que dans l’ANNONCE de la Résurrection! L’EXULTET ayant cette fonction annonciatrice de l’évènement pascal, alors en lui, nous pouvons y trouver la source de tous les « jubilus » des alléluias!

C’est l’EXULTET qui donne sens à l’emploi rayonnant du mot « alléluia« . Ce mot  devient alors une REPONSE de l’Eglise à l’ANNONCE pascale de l’EXULTET! Nous louons Dieu, parce que nous accueillons la merveille de la Résurrection!

Le missel romain de 1969, propose une traduction française du texte latin. Par contre, il propose une mise en musique mais dans une version brève. Cette dernière est hélas, inachevée, et malheureusement presque jamais utilisée, au profit de la recomposition textuelle du Père Joseph GELINEAU « Qu’éclate dans le ciel« . Cependant, voici une version chantée en français, avec la traduction adaptée du texte latin, proposée par la « Liturgie chorale du Peuple de Dieu », et la musique du frère André GOUZE. Elle a été chantée lors de la Vigile pascale en 2011, à Nice.

 

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…A SUIVRE…

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