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Entre l’école NIEDERMEYER et la RESTAURATION du chant grégorien… 28 août 2012

Posté par unpretre dans : Manifeste esthétique,Musique liturgique,Réflexion sur la musique , trackback

Entre l'école NIEDERMEYER et la RESTAURATION du chant grégorien... dans Manifeste esthétique Louis_NiedermeyerVoici le résumé des conférences liturgiques proposées tous les jours, à l’occasion du stage d’orgue de PELTRE, entre le 19 et le 26 août 2012.

Ce stage d’orgue a été organisé par le Centre Diocésain de Formation des Organistes du diocèse de Metz (C.D.F.O.). Il avait pour thème la découverte de l’école NIEDERMEYER fondée en 1853 et de ses élèves. Mais Louis NIEDERMEYER (1802-1861) fût très impliqué dans la restauration du chant grégorien, c’est ce qui nous poussa à déployer aussi cet aspect. Les stagiaires avaient 5 temps d’enseignements par jour.  2 temps de 2h chacun qui alternaient entre l’approfondissement du Répertoire, de l’Harmonie, de l’Accompagnement, de l’Improvisation. 3 autres temps communs: apprentissage du chant et de l’accompagnement des psaumes (1/2h), la Liturgie (1h), et l’apprentissage et accompagnement des chants pour la messe de clotûre en la cathédrale de Metz (1h), présidée par monseigneur Pierre RAFFIN, évêque de Metz. Sans oublier les soirées entre conférence, atelier de facture d’orgue, récitals des professeurs.

Pour le LUNDI  20 août: Qu’est-ce que le XIXème siècle pour la vie religieuse et musicale? A partir d’un « souvenir » de Gabriel FAURE, qu’est-ce que la musique « religieuse » ?

                Le but de cette conférence sera triple :

Dom-Gu%C3%A9ranger dans Musique liturgiquePour le MARDI 21 et le MERCREDI 22 août: Attraits grandissant pour la modalité et le renouveau « scientifique » du chant grégorien.

L’objectif de la conférence du mardi :

Partir de l’anecdote du graduel (1904) et de l‘antiphonaire (1912) restés sur la tribune, inutilisée pendant près de 50 ans… Ces 2 ouvrages sont le résultat officiel de près de 60 ans de travaux scientifiques de « restauration ». Présenter une chronologie du mouvement de « restauration » jusqu’à la publication de ces 2 sources officielles par saint Pie X. Cette chronologie montrera le travail complexe, accompli conjointement par des musicologues et des ecclésiastiques. Présenter le concept de « restauration » selon la définition et la vision de VIOLET-LEDUC. Présenter la place incontournable de Dom Guéranger et des travaux de l’abbaye de Solesmes : Complexité car il s’agit d’un mouvement général de recherche : la question du chant est aussi une réforme des rites ! Présenter « Les Institutions liturgiques » de 1841, ouvrage qui pose le principe de « l’unité liturgique » qu’il convient de retrouver. Un seul et même rite : le rite romain.

Nous ferons un exercice de lecture partagée à partir de documents.

Comprendre ce qu’est le concept « d’unité liturgique ». La lecture de certains extraits permettra de comprendre la racine terminologique de « grégorien ». Elle présentera la technique « scientifique » de traitement de sources, qui fondent la paléographie moderne, et la scientificité du courant de restauration. Enfin, elle présentera l’école de Metz, saint Chrodegang et Amalaire. Cette dernière présentation montrera comment les partitions ont été « déformés », et ainsi comprendre comment le travail scientifique de restauration tentera de retrouver la mélodie originelle. Nous verrons quelques extraits d’un document visuel, fait par les spécialistes de l’Abbaye de Solesmes, afin de présenter l’évolution actuelle des travaux « scientifiques » de restauration du chant grégorien, qui se poursuivent encore aujourd’hui.

                L’objectif de la conférence du mercredi :

Nous montrerons que les travaux scientifiques de Solesmes correspondent à un mouvement général de recherche. Il y a des « débats passionnés » sur la question surtout dans la période de création de LA FONDATION de l’école NIEDERMEYER! Tout commence avec l’avant-garde de CHORON, qui en 1816, au moment d’ouvrir à nouveau le conservatoire de Paris, va se lancer dans l’étude des traités anciens pour redonner une valeur et une grandeur à la culture musicale et religieuse. Nous étudierons des extraits de « Etudes sur la restauration du chant grégorien » ; Ouvrage de 1856 de Théodore NISARD, afin de voir ce que cette « restauration » posait comme question au monde musical pour retrouver « l’authenticité » d’une mélodie. Sa réflexion est en lien avec celle d’ORTIGUE (très proche de NIEDERMEYER) avec qui, il se sent proche. Est-ce que l’on peut retrouver une mélodie authentique ? Et surtout est-ce possible de trouver de savoir comment l’interpréter ? A partir de quelles sources ? Il pose également la grave question de la dimension « harmonique » ! Cet ouvrage marque une controverse qui existe pour la restauration : Comment interpréter, comment former les exécutants, comment associer le principe de la tonalité moderne avec cette nouvelles « tonalité grégorienne » qui ignorait l’harmonie ! Nous étudierons des extraits de « Mémoires sur les chants liturgiques restaurés par l’abbé LAMBILLOTTE », du P. DUFOUR de 1857, qui rend bien compte de cette controverse : comment retrouver une mélodie antique, et comment l’imprimer ? En neume ancien ? En neume du XIème ? Faut-il ôter ou ajouter des notes ? Quels critères ? Etc… Nous étudierons des extraits de « Principes d’une véritable restauration du chant grégorien ». Ouvrage de 1857 de l’abbé Jules BONHOME, qui rend bien compte à la fois des nouvelles techniques scientifiques de traitement des sources. Si l’on parle de « véritable » restauration, c’est que la controverse est bien ancrée sur la manière d’analyser les sources. Au sein de la controverse, cela permet de rendre compte d’une rigueur de recherche. Puis ce texte montre l’ampleur qui existe au niveau national, en lien avec le pape Pie IX.

L’école NIEDERMEYER se situe exactement de ce mouvement !

Nous étudierons, enfin des extraits de « Traité d’harmonisation du plain-chant » de NIEDERMEYER et d’ORTIGUE, datant de 1856, qui pose bien la problématique « harmonique » que suscite la restauration du chant grégorien. Dans son introduction, le traité pose une visée absolument géniale : quasiment quitter le système tonal, vers un système complètement modal, que porte en lui, le chant « grégorien »…  L’école NIEDERMEYER sera à l’origine d’un nouveau système musical d’harmonie « le langage modal » dont les compositeurs du XXème siècle (MESSIAEN, ALAIN, LITAIZE, LANGLAIS…)  exploreront les arcanes. Aujourd’hui nous n’avons pas fini de l’exploiter. C’est ici que l’on y trouve le fondement musical des pièces pour orgue d’Eugène GIGOUT, avec ces « pièces en modalité ». Nous étudierons quelques pièces, ainsi que ses harmonisations de plain-chant publié dans le Traité.

Pour mardi et mercredi, dans la mesure du possible, je ferai entendre des extraits musicaux de « chant vieux romains », de « chants messins », des pièces d’orgues « modales » des élèves de l’école NIEDERMEYER. Mais surtout faire une comparaison entre une interprétation « avant restauration » et une interprétation « après restauration ».

Adoration-eucharistique-vitrail-225x300 dans Réflexion sur la musique

Pour le JEUDI 23 et le VENDREDI 24: l’école NIEDERMYER et la spiritualité eucharistique du XIXème siècle : le répertoire vocal et instrumental pour l’adoration eucharistique.

 

L’objectif de la conférence du jeudi : découvrir la piété eucharistique

Nous commencerons par la présentation de toutes les célébrations liturgiques qui expriment la PIETE EUCHARISTIQUE au XIXème siècle : le Salut au Saint-Sacrement, l’Adoration Perpétuelle et la Prière des 40 Heures, la Procession eucharistique. Pour comprendre, il sera donné le détail rituel de chacune de ces célébrations. C’est à partir du recueil « l’année liturgique » de Dom GUERANGER, que l’on essayera de découvrir la place incontournable de la spiritualité eucharistique, et le sens de toutes ces diverses célébrations évoquées plus haut. En particulier à partir de ses analyses et commentaires de la messe du « saint Sacrement », plus spécialement la PROCESSION. Après avoir présenté cette « somme » à la fois spirituelle et liturgique, je nommerai toutes les pièces vocales que Dom Guéranger commente. Dans la mesure du possible, elles seront entendues par un enregistrement.

Nous étudierons ce que Dom GUERANGER dit de l’enracinement biblique de l’adoration eucharistique. Puis nous étudierons le commentaire à la fois spirituelle et historique de l’Adoration eucharistique à partir de la procession eucharistique. Nous ferons le lien avec le commentaire biblique pour en voir la continuité. Enfin nous essayerons d’en reconstruire le rituel, à la fois gestes (mouvements) et paroles (priées ou chantées).

                L’objectif de la conférence du vendredi :

Nous découvrirons un texte spirituel sur l’Adoration du Père EYMARD, le fondateur de la congrégation du Saint Sacrement. Cette congrégation reflète bien la piété eucharistique forte de ce XIXème siècle.  Nous pourrons nous rendre compte que l’attrait envers l’eucharistie est grand, parce qu’on souhaite le restaurer également, face à la pauvreté spirituelle constatée ! Entre chaque partie de la médiation du Père EYMARD, nous écouterons les hymnes pour les laudes(Verbum Supernum Prodiens)   et les vêpres (Pange Lingua) de la fête du Saint-Sacrement, ainsi que la Séquence (Lauda Sion). Nous verrons que la construction musicale est presque similaire: dans un premier mouvement une mélodie tendant vers le haut et se terminant sur des notes aigües, toujours ouvertes vers le haut. Dans un deuxième mouvement, la mélodie est descendante, soulignant le texte qui évoque l’idée du « Pain des Anges qui descend du Ciel ». La musique des hymnes et de la séquence, souligne l’attitude l’adorateur: on élève son regard vers le Ciel, on tend vers le haut, et l’on peut contempler Celui qui, en se faisant nourriture, descend jusqu’à nous! Cette attitude s’enracine dans le Livre de l’Exode, et dans l’épisode du don de la Manne au désert. Cette écoute nous permettra de voir, que tous les MOTETS eucharistiques qui sont composés pour toutes les célébrations de PIETE EUCHARISTIQUE, sont issus de ces 2 hymnes et de la Séquence. Nous ferons alors un parcours de la musique d’orgue des élèves de l’école Niedermeyer autour des hymnes eucharistiques, en particulier autour de « l’Adorote devote », hymne phare du XIXème siècle. Nous découvrirons dans un premier temps le texte. Nous ferons une analyse de partitions pour voir si les élèves de l’école de NIEDERMEYER « harmonisent » le plain chant des thèmes eucharistiques, en lien avec le traité de NIEDERMEYER. (en particulier avec BOËLMANN et l’hymne « ADOROTE DEVOTE »). Nous ferons ensuite des commentaires d’écoute de ce répertoire, au sens large. Puis nous essayerons de voir qu’il tente de traduire le « sentiment religieux », qui est en adéquation avec la spiritualité eucharistique décrite le premier jour.

Pour le SAMEDI 25 : L’école Niedermeyer et une nouvelle « messe pour orgue » : vers l’autonomie individuelle de l’orgue par rapport au propre de la messe !

 

L’objectif de la conférence sera de rendre compte de l’évolution stylistique de ce que l’on appelle la « messe pour orgue ».

Nous ferons une analyse de la composition de recueils de messe avant la Révolution Française. L’orgue s’insérant exclusivement dans la pratique de l’alternatim, en référence plus ou moins constante avec le chant grégorien. Nous verrons comment la « restauration » du culte, s’accompagnant de la « restauration » très lente des orgues manifeste une évolution vers une autonomie complète, sans plus aucune référence, mais en réduisant son action !  Une messe pour orgue va petit à petit se réduire à 05 pièces. Nous étudierons en particulier la transition avec BOËLY dont le corpus manifeste cette évolution. Nous verrons comment les élèves de l’école NIEDERMEYER écrivent des messes pour orgue : ils généralisent les 05 pièces ! Puis, stylistiquement on va vers une musique qui exprime le « sentiment religieux ». Mais en contraste utilisant des techniques d’écriture empruntant à la musique savante. (Ex : les heures mystiques de Léon BOËLMANN), et d’autres recueils… N’y aurait-il pas l’émergence d’un nouveau style : le style modal avec l’école NIEDERMEYER ?

CONCLUSION et OUVERTURE :

La place de l’orgue aujourd’hui dans la liturgie, est l’héritage de cette évolution et de cette individualisation de l’instrument. Le concile Vatican II, en posant le concept de « connexion étroite » avec l’action rituelle, tente de réintroduire autrement l’orgue dans la célébration : autre que dans la pratique individuelle de la catégorisation des 5 pièces et de l’accompagnement ! Comment fait-il partie intégrante de l’assemblée ?

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