navigation

Qui est Jésus? Antienne du « Buisson Ardent » pour le 18 décembre 18 décembre 2012

Posté par unpretre dans : Commentaires musicaux,Musique liturgique,Non classé , trackback

Qui est Jésus? Antienne du Pour déjà entrer dans le mystère de la NATIVITE, la Semaine préparatoire est construite comme un « miroir ».

Il s’agit du « miroir d’ERO CRAS ».

Bien sûr « ERO CRAS«  n’est pas une personne, mais tout simplement l’acrostiche que forment les 7 premières lettres des 7 titres qualifiants Celui qui va venir. Mais il s’agit d’un acrostiche construit en « miroir » car le sens des lettres est inversé.

Pour avancer vers la NATIVITE, curieusement nous MARCHONS à RECULONS!

Ces titres permettent de « refléter«  le mystère qui va être célébré, car comme le dit la 2ème préface du temps de l’Avent, 7 jours avant nous sommes déjà introduit dans le mystère de Noël!

Venez entendre l’antienne présentant le deuxième titre de Celui qui pour nous est né: Adonaï (Seigneur), lettre « A » de la phrase « ero crAs »…

Ces titres, s’égrainant comme un chapelet par le chant des 7 antiennes « O », permettent de déployer l’identité et de répondre à cette question redoutable: Qui est Jésus? Qui est Celui qui va se manifester?

Nous avons déjà étudié l’antienne du 17 décembre sur la Sagesse, pour comprendre la place de ces antiennes et ce qu’elles représentent comme « récapitulation » du temps de l’avent.

Pour le 18 décembre, l’incipit de l’antienne, fait entendre le titre « Adonaï » tiré de l’épisode biblique du Buisson Ardent.

absidiole-transept-sud-300x224 1049 dans Musique liturgiqueVoici cette antienne, qui est chantée en l’église abbatiale saint Laurent de HESSE (57) consacrée en 1049 par le pape saint Léon IX.

Selon l’expression de Dom GUERANGER dans « l’année Liturgique », l’antienne « fait crier » ceci à celui qui la chante:

« O Adonaï, et Dux domus Israel, qui Moysi in igne flammæ rubi apparuisti, et ei in Sinaï legem dedisti : veni ad redimendum nos in bracchio extento« .

Ce qui peut se traduire par:

« Ô Adonaï, guide du peuple d’Israël, qui êtes apparu à Moïse dans le feu du buisson ardent, et lui avez donné vos commandements sur le mont Sinaï, armez votre bras, et venez nous sauver. »

Pour la mise en musique…

La construction et la structure musicale sont exactement les mêmes que nous avons pu découvrir pour l’analyse de l’antienne du 17 décembre. Nous retrouvons nettement les 3 parties.

La formule introductive commence avec « l’arsis« : cadence suspensive sur l’invocation « O ». Puis la 2ème section (thésis) met en lumière le titre d’Adonaï, c’est à dire Seigneur. Titre que l’on retrouve dans l’épisode du Buisson Ardent.

Le déploiement littéraire expose précisément cette référence biblique de l’Ancien Testament. « L’arsis » ne commence pas tout de suite par une forme de psalmodie, car il y a une belle mélodie avec une cadence suspensive sur les mots « Dux domus Israël », comme s’ils étaient très discrètement mis en valeur. On poursuit alors par la cantillation de type psalmodique sur le reste de cette 1ère section, conduisant à une  « modulation » qui permet de mettre en valeur le dernier mot latin « apparuisti », c’est à dire le verbe « aparaitre ». La 2ème section (thésis) fonctionne sur le même principe que nous avions vu pour l’antienne du 17 décembre.

La formule conclusive conserve la même structure: « l’arsis » met en exergue le verbe « Veni ». Par contre pour la 2ème section (thésis), l’invocation demande à ce que Dieu puisse venir en aide à son Peuple par la force de son bras.

Qui est Celui qui va venir avec cette antienne?

Nous voyons bien que cette antienne nous enracine dans le Livre de l’Exode avec cette allusion au passage du Buisson Ardent, dont voici l’extrait du chapitre 3:

«  Moïse gardait le troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à l’Horeb, la montagne de Dieu. L’ange du Seigneur lui apparut au milieu d’un feu qui sortait d’un buisson. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer. Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas ? » Le Seigneur vit qu’il avait fait un détour pour venir regarder, et Dieu l’appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! » Dieu dit alors : « N’approche pas d’ici ! Retire tes sandales, car le lieu que foulent tes pieds est une terre sainte ! Je suis le Dieu de ton père, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob. » Moïse se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu.Le Seigneur dit à Moïse : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances.(…) La clameur des fils d’Israël est parvenue jusqu’à moi, et j’ai vu l’oppression que leur font subir les Égyptiens. Et maintenant, va ! Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël. » Moïse dit à Dieu : « Qui suis-je pour aller trouver Pharaon, et pour faire sortir d’Égypte les fils d’Israël ? » Dieu lui répondit : « Je suis avec toi. Et voici à quel signe on reconnaîtra que c’est moi qui t’ai envoyé : quand tu auras fait sortir d’Égypte mon peuple, vous rendrez un culte à Dieu sur cette montagne. » Moïse répondit : « J’irai donc trouver les fils d’Israël, et je leur dirai : ‘Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous.’ Ils vont me demander quel est son nom ; que leur répondrai-je ? » Dieu dit à Moïse : « Je suis celui qui suis. Tu parleras ainsi aux fils d’Israël :’Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : JE-SUIS.’ » Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : ‘Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est YAHVÉ, c’est LE SEIGNEUR, le Dieu de vos pères, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.’ C’est là mon nom pour toujours, c’est le mémorial par lequel vous me célébrerez, d’âge en âge.Va, rassemble les anciens d’Israël. Tu leur diras : ‘Le Seigneur, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, m’est apparu. Il m’a dit : J’ai décidé de m’occuper de vous et de ce qu’on vous fait subir en Égypte ; j’ai dit : Je vous ferai monter de l’Égypte qui vous opprime vers le pays de Canaan, la terre qui ruisselle de lait et de miel.Ils écouteront ta voix ; alors tu iras, avec les anciens d’Israël, auprès du roi d’Égypte, et vous lui direz : ‘Le Seigneur, le Dieu des Hébreux, est venu nous trouver. Et maintenant, laisse-nous aller dans le désert, à trois jours de marche, pour y offrir un sacrifice au Seigneur notre Dieu.Or, je sais que le roi d’Égypte ne vous laissera pas partir s’il n’y est pas forcé. Aussi j’étendrai la main, je frapperai l’Égypte par toutes sortes de prodiges que j’accomplirai au milieu d’elle. Après cela, Pharaon vous permettra de partir. »

La métaphore du Buisson Ardent est riche pour plusieurs aspects afin d’éclairer le mystère de la Nativité. J’en vois personnellement 3:

Dans le passage biblique, la mise en scène met admirablement en exergue la révélation du « Nom de Dieu« , Il est Seigneur! Dieu fait entendre sa voix, en révélant son identité. La scène met également en lumière la difficulté de la vision! Moïse met son visage contre terre, car il ne peut regarder en face la gloire de Dieu qui se manifeste. Au cours de cette théophanie Dieu annonce son projet de sauver et de guider son Peuple. Il annonce déjà « la colonne de nuée« , qui sera le signe que Dieu ouvre la marche de son peuple et le guide à travers le désert vers la Terre Promise. Dieu annonce également que son bras sera fort, et qu’en frappant l’Egypte, Pharaon les laissera partir.

Il est à noter que l’antienne pose un acte typologique vis à vis du Livre de l’Exode. En effet, l’interprétation courante de ce passage est de considérer que Moïse contemple une Epiphanie du Dieu-Créateur. Or ici, l’antienne confesse que Moïse a fait une expérience christologique: c’est à dire que sans le voir, il a rencontré le Fils de Dieu à travers l’expérience mystique du Buisson Ardent. L’antienne va jusqu’à confesser que c’est ce dernier qui lui a remis les Commandements de Dieu! La construction typologique de l’antienne est en parfaite adéquation avec l’enseignement des Pères de l’Eglise, qui dans la première Alliance, y cherchait les « manifestations voilées » du Fils éternel de Dieu.

Les thèmes de ce passage biblique, appliqués à notre antienne, placent le mystère de la Nativité dans une perspective particulière! En effet, Jésus dans l’humble crèche de Bethléem apparaitra dans sa Gloire! Si la musique met en lumière le verbe « apparaitre », alors la fête de la Nativité est bien cette « Epiphanie de la Parole de Dieu« : en Jésus le Fils de l’Homme, c’est le Verbe de Dieu qui apparait et qui se fait entendre! Nous pouvons appeler Jésus du titre de « SEIGNEUR » parce qu’en Lui, la Parole de Dieu s’est faite chair, elle s’est rendue visible. Comme le rappelle le catéchisme de l’Eglise Catholique: donner à Jésus le titre de « Seigneur« , c’est confesser qu’il est le Fils de Dieu. Et contrairement à Moïse qui ne pouvait regarder en face cette lumière, devant se voiler le visage; en Jésus le Fils de l’Homme, nous pouvons regarder en face et en pleine lumière ce mystère! Nous anticipons déjà la question de l’apôtre Philippe où Jésus lui a révélé que celui qui l’a vu, a vu le Père! Nous pouvons voir de nos yeux, ce qui a été caché depuis les origines. Quelle grâce et quelle estime de la part de Dieu!

Puisque le début du déploiement littéraire du titre octroyé à Jésus met discrètement en lumière une attitude pastorale pour « guider la maison d’Israël« ; nous pouvons alors interpréter ce passage de l’Exode comme l’anticipation de la figure pastorale de Jésus. En effet, celui qui naitra dans la crèche sera le Berger de tous les peuples. Avec cette antienne, c’est déjà toute la figure du « Bon Pasteur » qui commence à être mise en lumière! Avec cela, on peut presque dire que l’Antienne de ce 18 décembre peut nous préparer à vivre la « Messe de l’Aurore«  où nous contemplons la venue des bergers qui viennent « voir celui qui vient de naitre« ! Ils viennent voir celui qui vient d’apparaitre. Et en Lui, se profile déjà toute la vocation pastorale de l’Eglise!

Enfin, il y a la métaphore du « bras fort« . Pourquoi demander à Dieu que son bras soit fort en notre faveur? Le sens de cette métaphore peut être double parce qu’elle représente déjà ce que dira le Psaume 117 (…Le bras du Seigneur est fort, le bras du Seigneur se lèvre..). Il s’agit du psaume pascal par excellence où Dieu manifeste son Salut à l’égard de son Peuple. Pour les chrétiens, il s’agit de la victoire pascale du Christ, où « la pierre rejetée par les bâtisseurs » lors du Vendredi Saint, est devenue la « pierre d’angle, c’est là l’oeuvre du Seigneur, la merveille pour nos yeux ». Par cette invocation, demandant la force du bras de Dieu, nous sommes nous déjà plongés dans le sens de la Naissance de Jésus dans l’histoire: à savoir nous obtenir le Salut lors de l’évènement du mystère pascal. Nous voyons alors le lien entre Nativité et Mystère de la Rédemption à Pâques! On demande au Seigneur de « venir » pour nous sauver de la mort et du péché! Mais nous pouvons également penser à la Vierge Marie, car dans son cantique d’action de grâce lors de la Visitation, ne dira-t-elle pas « …déployant la force de son bras, il disperse les superbes« . Cette utilisation du terme par la Vierge Marie correspond au souhait de Dieu que nous soyons humble! Humble à l’image de son Fils qui a pris sur lui notre chair de péchés. Humble à l’image de Marie, la servante du Seigneur. Cette antienne peut également nous inviter à contempler l’exemple de la Vierge de Marie et nous mettre sur la voie de l’humilité.

Après avoir perçue le 17 décembre, en Jésus-Christ le Verbe et la SAGESSE  de Dieu CREATEUR, nous pouvons en ce 18 décembre l’accueillir comme la PAROLE QUI NOUS SAUVE! Voilà ce qui apparaitra dans l’humble crèche de Bethléem…

A demain pour découvrir la suite de la préparation….

Commentaires»

  1. I’ve learn several excellent stuff here. Definitely value bookmarking for revisiting. I surprise how much effort you put to make the sort of great informative site.

  2. This really answered my drawback, thanks

  3. En relisant je me suis rendue compte que ça faisait déjà deux ans que tu avais publié ces articles, et que malgré quelques reste en mémoire, et bien ça fait pas de mal de relire
    Esther.

Laisser un commentaire

@Jeong-min.com |
aidez nous à sensibiliser |
FLORA MERLEAU - GALERIE LES... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Dep: dessins et caricatures
| ma passion le crochet
| Doljansky Evelyne