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Qui est Jésus? L’antienne de la « Clef de David » pour le 20 décembre 20 décembre 2012

Posté par unpretre dans : Commentaires musicaux,Manifeste esthétique,Musique liturgique,Non classé , trackback

Qui est Jésus? L'antienne de la Voici une antienne qui vient clore le premier mot de notre « acrostiche en miroir« , à savoir « CRAS » qui se traduit par « demain ». Elle nous introduit dans le pardon divin, et dans le mystère de la rémission des péchés.

Comme dans un « miroir » qui rend visible ce que nous yeux ne peuvent voir d’eux-mêmes, cette antienne reflète ce qu’elle ne fait pas entendre… Curieux paradoxe! A vous de juger!

Il est vrai que pour entrer dans le mystère de la NATIVITE, la Semaine préparatoire est construite comme un « miroir ». Il s’agit du « miroir d’ERO CRAS ».

Bien sûr « ERO CRAS«  n’est pas une personne, mais tout simplement l’acrostiche que forment les 7 premières lettres des 7 titres qualifiants Celui qui va venir. Mais il s’agit d’un acrostiche construit en « miroir » car le sens des lettres est inversé.

Pour avancer vers la NATIVITE, curieusement nous MARCHONS à RECULONS!

Ces titres permettent de « refléter » le mystère qui va être célébré, car comme le dit la 2ème préface du temps de l’Avent, 7 jours avant nous sommes déjà introduit dans le mystère de Noël!

Venez entendre l’antienne présentant le quatrième titre de Celui qui pour nous est né: Clavis (clef), lettre « C » de la phrase « ero Cras »…

Ces titres, s’égrainant comme un chapelet par le chant des 7 antiennes « O », permettent de déployer l’identité et de répondre à cette question redoutable: Qui est Jésus? Qui est Celui qui va se manifester?

Nous avons déjà étudié l’antienne du 17 décembre sur la Sagesse, l’antienne du 18 décembre sur le Buisson Ardent, ainsi que l’antienne du 19 décembre sur la Racine de Jessé, pour comprendre la place de ces antiennes et ce qu’elles  représentent comme « récapitulation » du temps de l’avent.

Pour le 20 décembre, l’incipit de l’antienne, fait entendre le titre « Clavis » tiré d’une synthèse rédactionnelle entre la prophétie d’Isaïe et le psaume 106 (107).

p1000721-300x224 1049 dans Manifeste esthétiqueVoici cette antienne, qui est chantée en l’église abbatiale saint Laurent de HESSE (57) consacrée en 1049 par le pape saint Léon IX.

Selon l’expression de Dom GUERANGER dans « l’année Liturgique », l’antienne « fait crier » ceci à celui qui la chante:

« O Clavis David , et sceptrum domus Israel ; qui aperis, et nemo claudit ; claudis, et nemo aperit : veni, et educ vinctum de domo carceris, sedentem in tenebris et umbra mortis.« 

Ce qui peut se traduire par:

« Ô Clef de David,et sceptre de la Maison d’Israël, vous ouvrez, et personne alors ne peut fermer ; vous fermez, et personne ne peut ouvrir ; venez, et faites sortir du cachot le prisonnier établi dans les ténèbres et l’ombre de la mort »

Pour la mise en musique…

La construction et la structure musicale sont exactement les mêmes que nous avons pu découvrir pour l’analyse des antiennes du 17, du 18 et du 19 décembre. Nous retrouvons nettement les 3 parties.

La formule introductive commence avec l’arsis: la cadence suspensive sur l’invocation « O ». Puis la 2ème section (thésis) met en lumière le titre Clavis David, c’est à dire Clef de David. Titre que l’on retrouve dans la Prophétie d’Isaïe. Il y a une cadence suspensive sur « O », et une cadence conclusive sur le mot « David ».

Le déploiement littéraire expose précisément cette référence biblique de l’Ancien Testament. Dans la première section (arsis)il y a en fait en 2 sous-sections. On commence par une ligne mélodique que l’on pourrait trouver dans une hymne. Cette ligne mélodique est sur « Et septrum Domus Israël », et elle est construite autour de la note modale « Ré ». Il y a une cadence conclusive sur « Israël« . La 2ème sous-section se poursuit alors par la cantillation de type psalmodique sur le reste du texte, conduisant à une  « modulation » permettant de mettre en valeur le dernier mot latin « Claudit », c’est à dire verbe « fermer ». La 2ème section (thésis) fonctionne sur le même principe que nous avions vu pour les antiennes du 17,18 et 19 décembre. Il y a une cadence suspensive à la fin sur le mot « aperit«  qui se traduit par « ouvrir« . Cependant, pour la première fois, l’ensemble de ce déploiement littéraire s’apparente plus à une ligne mélodique hymnique, et se détache d’une construction psalmodique!

La formule conclusive conserve la même structure proposant une 1ère section (arsis) qui met en exergue le verbe « Veni ». La formule mélodique y est identique. Par contre la 2ème section (thésis) se déploie encore davantage puisqu’elle est faite en 3 sous-sections! D’une part on commence par une invocation qui demande à ce que Dieu vienne libérer le prisonnier dans son cachot. Elle se distingue par une brève cadence suspensive sur le mot « carceris » c’est à dire le prisonnier.  Puis une 2ème sous-section, qui montre que le prisonnier est dans un cachot de ténèbres, puisqu’il y a un autre cadence suspensive sur « tenebris », c’est à dire ténèbres. Enfin une 3ème sous-section qui décrit cette prison comme « l’ombre de la mort » puisque l’antienne se termine par une cadence conclusive sur le mot « mortis ». La structure mélodique, elle aussi construite sur le modèle d’une hymne, oscille entre la note modale « Ré », et la note dominante de ce 2ème mode, à savoir « Fa ». Il y a « évolution« , ascension de la ligne mélodique au fur et à mesure des jours qui passent de cette Semaine Préparatoire!

Cette antienne se distingue des 3 autres dans son déploiement musical, car on peut remarquer qu’il n’y a que 2 cadences conclusives: sur « David » et « mortis« . Tout le reste n’est que cadence suspensive. D’autant que toutes les cadences suspensives nous font entendre les mêmes finales en « i »: « Apperit », « Carceris », « Tenebris », « Mortis ». Cela confère à la narration une dimension poétique ornée, on dirait vraiment une hymne!

Qui est Celui qui va venir avec cette antienne?

Nous voyons bien que cette antienne nous enracine dans la prophétie du Livre d’Isaïe, ainsi que dans le Psaume 106 (107).

Voici déjà l’extrait tiré du chapitre 22 du Livre d’Isaïe:

« …Je vais te chasser de ton poste,t’expulser de ta place. Et, ce jour-là, j’appellerai mon serviteur, Éliakim, fils de Hilkias. Je le revêtirai de ta tunique,je le ceindrai de ton écharpe,je lui remettrai tes pouvoirs :il sera un père pour les habitants de Jérusalem et pour la maison de Juda. Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David :s’il ouvre, personne ne fermera ;s’il ferme, personne n’ouvrira. Je le rendrai stable comme un piquet qu’on enfonce dans un sol ferme ;il sera comme un trône de gloire pour la maison de son père.»

Voici maintenant l’extrait du Psaume 106 (107):

« …Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour ! Ils le diront, les rachetés du Seigneur, qu’il racheta de la main de l’oppresseur, qu’il rassembla de tous les pays, du nord et du midi, du levant et du couchant. Certains erraient dans le désert sur des chemins perdus, sans trouver de ville où s’établir : ils souffraient la faim et la soif, ils sentaient leur âme défaillir.

R/1Dans leur angoisse, ils ont crié vers le Seigneur, et lui les a tirés de la détresse : il les conduit sur le bon chemin, les mène vers une ville où s’établir. R/2Qu’ils rendent grâce au Seigneur de son amour, de ses merveilles pour les hommes :

Car il étanche leur soif, il comble de biens les affamés ! Certains gisaient dans les ténèbres mortelles, captifs de la misère et des fers : ils avaient bravé les ordres de Dieu et méprisé les desseins du Très-Haut ; soumis par lui à des travaux accablants, ils succombaient, et nul ne les aidait.

R/1Dans leur angoisse, ils ont crié vers le Seigneur, et lui les a tirés de la détresse : il les délivre des ténèbres mortelles, il fait tomber leurs chaînes. R/2Qu’ils rendent grâce au Seigneur de son amour, de ses merveilles pour les hommes :

Car il brise les portes de bronze, il casse les barres de fer ! Certains, égarés par leur péché, ployaient sous le poids de leurs fautes : ils avaient toute nourriture en dégoût, ils touchaient aux portes de la mort.

R/1Dans leur angoisse, ils ont crié vers le Seigneur, et lui les a tirés de la détresse : il envoie sa parole, il les guérit, il arrache leur vie à la fosse. R/2Qu’ils rendent grâce au Seigneur de son amour, de ses merveilles pour les hommes ; qu »ils offrent des sacrifices d »action de grâce à pleine voix qu’ils proclament ses oeuvres !  »

Cette antienne est en fait un métissage de ces 2 extraits biblique. Mais ce métissage permet de déployer la richesse sémantique de la « Clef ». La métaphore de la clef est riche pour 3 raisons:

En effet, la métaphore de la Clef, présuppose en toute logique, qu’il y ait une Porte. Mais de quelle « Porte » s’agit-il? La richesse sémantique sera au rendez-vous!

La mise en musique a mis en exergue, par la « modulation », le verbe « fermer ». Peut-être pourrait-il s’agir de la « Porte du Paradis » qui dans le Livre de la Genèse a été fermée en conséquence du pêché d’Adam. La liberté d’Adam et Eve, tentée, corrompue et aliénée par le serpent; a eu pour conséquence leur renvoi du Paradis. Et pour être sûr qu’ils ne rentrent plus, l’archange saint Michel devait garder cette Porte. Toute la dramaturgie de l’Ancien Testament repose sur cette errance à travers l’histoire. Ainsi l’Histoire Sainte et les Alliances successives avec Dieu, ont pour but de réconcilier l’homme avec Dieu: Il s’agit du plan du Salut! A ceci s’ajoute le sens de la phrase. Car si le verbe « fermer » est en relief, c’est avant tout pour attirer l’attention sur le fait que celui qui aura ouvert cette « Porte » avec la « Clef de David », aucune autre personne ne pourra la refermer! Cela sous-entend, même si c’est non-dit, que quelqu’un a ouvert cette « Porte » qui était fermée, et que depuis cette « ouverture » plus personne ne pourra la « refermer »! Ainsi, il s’agit vraisemblablement de la « Porte du Paradis », et cette « clef » devient alors la métaphore de la Miséricorde de Dieu. De même que l’ouverture ou la fermeture de cette « Porte » deviennent alors la métaphore du Jugement et de la rémission des péchés! Nous sommes alors bien dans la perspective du Jugement divin. Le Livre d’Isaïe qui est cité, montre que c’est le rôle de Messie de manifester ce « Jugement de Dieu » ainsi que sa « Miséricorde ». Il est alors facile de montrer que ce titre métaphorique de « Clef de David », octroyé à la personne même de Jésus, atteste la foi des croyants qui le reconnait et le confesse à la fois comme « Juge » et en même temps comme « Miséricordieux ». C’est bien Jésus qui aura « le pouvoir des clefs », c’est à dire de remettre les péchés de hommes. D’ailleurs c’est précisément ce qu’on lui reprochera, et ce sera le motif majeur de sa condamnation: il blasphème en se prétendant « Fils de Dieu » et en « remettant les péchés »!

En nous préparant à accueillir Celui qui vient, et en le proclamant métaphoriquement « Clef de David », nous le reconnaissons déjà comme « Celui qui ôte le péché des hommes« .

Mais un mystère demeure… Car selon le Livre d’Isaïe, il n’est pas fait mention d’un cachot… Or l’antienne parle bien qu’il s’agit de la porte d’un cachot où il faut libérer un prisonnier? Que représente ce cachot? Qui est ce prisonnier? N’y a-t-il pas autre chose que la « Porte du Paradis » qui se cache derrière cette métaphore de la Clef?

La formule conclusive, qui se détache des précédentes antiennes, nous fait entendre une citation du psaume 106 (107). Cette citation permet de comprendre le sens de ce cachot ainsi que de cette prison. Ce cachot n’est autre que les Enfers puisque l’on y évoque « l’ombre », « les ténèbres » et « la mort ». Ces 3 termes sont d’ailleurs mis en exergue par musique, puisque chacun d’eux font entendre les cadences. Par conséquent, on peut en déduire que le prisonnier n’est autre que celui qui est parmi les morts! Nous sommes alors en présence de la « Porte des Enfers »!

Le génie littéraire de cette antienne est de proposer non pas un assemblage, mais une hybridation de 2 versets. De 2 versets différents, on en fait plus qu’un, qui devient une « structure de sens »! Les 2 versets s’éclairent mutuellement! Ainsi la métaphore de la clef nous conduit à la « Porte des Enfers » et la métaphore de l’ouverture de cette « Porte » à la libération des morts: la Résurrection! L’hybridation de ces  versets nous amène déjà à considérer cette métaphore de la « Clef de David« , octroyée à la personne même de l’Enfant qui va naître, comme la confession de foi et la reconnaissance de Celui qui va séjourner parmi les morts, afin de les libérer!  Il y a un lien profond entre la Naissance de Jésus-Christ parmi les hommes et la libération des morts! Il y a un lien entre la Nativité et le Samedi Saint! Celui qui va naitre sera aussi celui qui va libérer l’humanité de la captivité et du pouvoir de la Mort!

Le génie d’une métaphore est que l’on ne peut enfermer son interprétation… Il y a quelque chose qui nous échappera toujours… Et si les 2 hypothèses étaient justes en même temps, qu’est-ce que nous pourrions y comprendre? Et si, on interprétait le sens littéral de cette antienne comme en un « miroir », c’est à dire à l’envers… Ne serions nous pas alors, aux « Portes du Ciel » non pas au commencement de la Genèse, mais dans l’avenir, à la fin des temps?

La narration de cette antienne montre bien qu’il y a un effet de relecture! C’est à la lumière du psaume 106 (107) que l’on comprend l’accomplissement de la prophétie messianique du Livre d’Isaïe! C’est parce que le Messie libère de la mort, qu’il ouvre cette « porte des Enfers », que l’on peut comprendre qu’elle ne sera jamais plus refermée! Ainsi, sans le dire ouvertement mais en le suggérant par la métaphore de la clef, on peut saisir que Jésus-Christ est descendu aux Enfers pour y ouvrir la Porte, et libérer ceux que la mort retenait captif. Que Jésus-Christ nous conduira au Ciel et nous y ouvrira la « Porte du Paradis » afin d’accéder à la Maison du Père! Là Jésus-Christ sera pour nous à la fois notre Juge et notre Réconciliation avec Dieu!

Cette antienne nous introduit dans les temps eschatologiques et à l’heure du Jugement Dernier! En effet, c’est au Jugement Dernier, à l’heure de la Résurrection des morts que Jésus-Christ sera à la fois notre Juge, mais en même temps notre Sauveur; c’est à dire Celui qui nous libérera de notre péché par la Force du Pardon! N’est-ce pas alors la perspective de notre propre Ascension auprès de Dieu? Il y a un lien entre Nativité et Ascension…

Cette antienne nous invite à confesser que l’Enfant qui va naître nous ouvrira la Porte de la Maison de son Père dans les Cieux… C’est l’espérance de notre propre Résurrection, et de notre propre Rédemption…

Aussi à travers le génie littéraire de cette antienne, nous nous préparons à confesser notre foi… Celle qui nous dit que Jésus est DESCENDU aux Enfers et que le 3ème jour il est RESSUSCITE d’entre les morts, pour y MONTER à la droite de Dieu le Père, afin d’y JUGER les vivants et les morts!  Ces 3 caractéristiques de notre Credo se retrouvent ainsi dans la métaphore de la Clef!

Jésus est la « clef »! C‘est une manière métaphorique de présenter Jésus comme celui qui récapitule en Lui, et en qui va culminer toute l’histoire des hommes! C’est le pendant du 18 décembre où à travers la métaphore de la « Racine de Jessé« , Jésus était présenter comme celui qui assume l’histoire des hommes depuis son origine.

Bref le meilleur des « passes-murailles »!

Mais à travers ces considérations du CREDO de l’Eglise, n’oublions pas non plus la métaphore de la « Tour de David ». Car est-ce peut-être à cette « Tour » qu’appartient cette « Clef »… L’expression apparait une fois dans le Cantique des Cantiques, au 4ème chant

Il est dit ceci:

« …Comme tu es belle, mon amie, comme tu es belle! Derrière ton voile, tes yeux sont charmants comme des colombes. Tes longs cheveux ressemblent à un troupeau de chèvres descendant du mont Galaad. Tes dents sont comme un troupeau de brebis tondues qui viennent d’être lavées. Toutes ont leur soeur jumelle, et aucune ne manque. Tes lèvres sont un fin ruban rouge, et ta bouche est jolie. Derrière ton voile, tes joues ressemblent à deux tranches de fruit rouge. Ton cou est pareil à la Tour-de-David, solidement construite. Là, mille boucliers sont accrochés. Tous sont des armes de héros. Tes seins ressemblent à deux cabris, aux jumeaux d’une gazelle, qui broutent dans un champ de fleurs. Avant que se lève le souffle du soir, quand l’ombre s’étend sur la terre, je vais aller vers la montagne de la myrrhe, vers la colline de l’encens. Tu es très belle, mon amie, et sans aucun défaut… »

Ce chant montre l’Amour que Dieu porte à son « épouse » qui est l’humanité! C’est le chant d’Amour de Dieu envers sa Création! Aussi l’Humanité de Jésus serait celle qui « chantera » l’amour que Dieu porte envers son « épouse« !

En contemplant silencieusement l’Enfant Nouveau-Né, on pourrait peut-être non seulement y voir, mais y entendre ce chant! L’Enfant, couché dans la mangeoire serait ce chant d’Amour de Dieu envers son épouse, mais un chant qui devient vraiment « chair de notre chair »! Jésus se manifeste alors comme la « Clef » pour comprendre l’Amour de Dieu!

A demain pour découvrir la suite de la préparation….

Commentaires»

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