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Qui est Jésus? L’antienne de « l’Orient » pour le 21 décembre 22 décembre 2012

Posté par unpretre dans : Commentaires musicaux,Manifeste esthétique,Musique liturgique,Non classé , trackback

Qui est Jésus? L'antienne de Voici une antienne qui vient ouvrir par la fin, le deuxième mot de notre « acrostiche en miroir » à savoir « ERO«  qui se traduit par « Je serai (là) ». Elle nous introduit dans la compréhension plurielle de « l’Illumination« .

Comme dans un « miroir » qui rend visible ce que nous yeux ne peuvent voir d’eux-mêmes, cette antienne reflète ce qu’elle ne fait pas entendre… Curieux paradoxe! A vous de juger! Mais en plus, elle suggère une marche, concrète et  intérieure, alors que nous sommes immobiles!

Il est vrai que pour entrer dans le mystère de la NATIVITE, la Semaine préparatoire est construite comme un « miroir ». Il s’agit du « miroir d’ERO CRAS ».

Bien sûr « ERO CRAS«  n’est pas une personne, mais tout simplement l’acrostiche que forment les 7 premières lettres des 7 titres qualifiants Celui qui va venir. Mais il s’agit d’un acrostiche construit en « miroir » car le sens des lettres est inversé.

Pour avancer vers la NATIVITE, curieusement nous MARCHONS à RECULONS!

Ces titres permettent de « refléter » le mystère qui va être célébré, car comme le dit la 2ème préface du temps de l’Avent, 7 jours avant nous sommes déjà introduit dans le mystère de Noël!

Venez entendre l’antienne présentant le cinquième titre de Celui qui pour nous est né: Oriens (Orient), lettre « O » de la phrase « erO cras »…

 

Ces titres, s’égrainant comme un chapelet par le chant des 7 antiennes « O », permettent de déployer l’identité et de répondre à cette question redoutable: Qui est Jésus? Qui est Celui qui va se manifester?

Nous avons déjà étudié l’antienne du 17 décembre sur la Sagesse, l’antienne du 18 décembre sur le Buisson Ardentl’antienne du 19 décembre sur la Racine de Jessé, ainsi que l’antienne du 20 décembre sur la Clef de David pour comprendre la place de ces antiennes et ce qu’elles  représentent comme « récapitulation » du temps de l’avent.

Pour le 21 décembre, l’incipit de l’antienne, fait entendre le titre « Oriens » dont la construction biblique est assez complexe.

frise-transept-sud-300x224 1049 dans Manifeste esthétiqueVoici cette antienne, qui est chantée en l’église abbatiale saint Laurent de HESSE (57) consacrée en 1049 par le pape saint Léon IX.

Selon l’expression de Dom GUERANGER dans « l’année Liturgique », l’antienne « fait crier » ceci à celui qui la chante:

« O Oriens , splendor lucis æternæ, et sol iustitiæ : veni, et illumina sedentes in tenebris et umbra mortis. »

Ce qui peut se traduire par:

« Ô Orient, splendeur de la Lumière éternelle, Soleil de justice, venez, illuminez ceux qui sont assis dans les ténèbres et la nuit de la mort »

Pour la mise en musique…

La construction et la structure musicale sont exactement les mêmes que nous avons pu découvrir pour l’analyse des antiennes du 17, du 18, du 19 et du 20 décembre. Nous retrouvons nettement les 3 parties.

La formule introductive commence avec l’arsis: la cadence suspensive sur l’invocation « O ». Puis la 2ème section (thésis) met en lumière le titre Oriens, c’est à dire l’Orient. La question demeure de savoir s’il s’agit de l’orientation, ou de l’astre qui s’y lève, à savoir le Soleil… Il y a une une cadence conclusive sur le mot « Oriens ».

Le déploiement littéraire est manifestement un métissage complexe de plusieurs citations. Mais nous pouvons remarquer une rupture dans l’organisation musicale, car on arrête le discours sur la « modulation »! Il y a bien 2 sections, mais qui ne distinguent plus comme les 4 antiennes précédentes! La première section (arsis) correspond à l’expression « splendor lucis aeternae« . Cette expression provient du Livre de la Sagesse (7, 26) La ligne mélodique de cette première section pourrait être qualifiée de « mélodie hymnique ». Comme pour la première section de l’antienne du 20 décembre, elle est construite autour de la note modale « Ré ». Il y a une cadence suspensive sur « Aeternae« . La 2ème section (thésis) se poursuit alors par une autre mélodie hymnique sur le texte « et sol justitiae« , cela conduit à une  « modulation » permettant de mettre en valeur le dernier mot latin « Justitae », c’est à dire verbe « Justice ». Il y a bien une cadence conclusive sur ce mot, mais résultant du « modulation ». Ici la mélodie met vraiment en exergue cette nouvelle « dominante » qu’est la note « La »!

La formule conclusive conserve la même structure proposant une 1ère section (arsis) qui met en exergue le verbe « Veni ». La formule mélodique y est différente des 4 autres, car elle ne commence plus sur la note modale « Ré », mais sur la dominante « La ». Par contre la 2ème section (thésis) est faite en 3 sous-sections! D’une part on commence par une invocation qui demande à ce que Dieu vienne illuminer. Nous avons une ligne mélodique descendantes jusqu’à la note modale, qui propose quelques mélismes et une cadence suspensive sur le mot « Illumina », ce qui veut dire illuminer. Il y a une 2ème sous-section qui présentent un lieu et des personnages: il s’agit de ceux qui sont assis dans les ténèbres. Elle se déploie entre la note modale « Ré » et le 1ère dominante « Fa ». Cette mélodie hymnique se distingue par une brève cadence suspensive sur le mot « tenebris » c’est à dire ténèbres.  Puis une 3ème sous-section qui décrit ce lieu comme étant aussi « l’ombre de la mort » puisque l’antienne se termine par une cadence conclusive sur le mot « mortis ». La structure mélodique est résolument construite sur le modèle d’une hymne et nous avons complètement quitté le modèle psalmodique des premières antiennes.

Bien qu’ayant des points communs avec l’antienne du 20 décembre, cette antienne se distingue des 4 autres dans son déploiement musical. On peut remarquer qu’il n’y a que 2 cadences conclusives: sur « Oriens » et « mortis« . Tout le reste n’est que cadence suspensive. D’autant que toutes les cadences suspensives font entendre: « Aeternae », « Illumina », « Tenebris », « Mortis ». La différence fondamentale réside dans le fait que le déploiement littéraire s’arrête sur la « modulation » ce qui confère une force au mot « Justice« ! Et puis, le fait de retrouver les termes « Tenebrae » et « mortis » donne un lien manifeste, une cohérence interne, avec l’antienne du 20 décembre. Comme si cette antienne était un déploiement de celle d’hier… Cela reste à découvrir…

Qui est Celui qui va venir avec cette antienne?

la construction narrative de cette antienne est complexe, car il est bien difficile de cibler avec pertinence les récits. Autant les 4 autres antiennes laissaient assez vite percevoir les références, autant cette dernière est bien plus subtile. Nous avions déjà eu un avant goût de la complexité avec l’antienne du 20 décembre et son phénomène d’hybridation et de relecture entre la Prophétie d’Isaïe et le Psaume 106 (107). Il est tout de même curieux de voir que plus on avance vers la fête de la Nativité, plus l’évidence semble se brouiller et le chemin de la compréhension s’obscurcir alors que la narration nous parle d’illumination……

Alors comment s’y prendre pour tenter de comprendre, car que désigne l’ORIENT? Une orientation géographique, où un astre de l’Orient?

Et si pour se faire, nous utilisions le principe du « miroir »… C’est à dire comme pour comprendre l’acrostiche, commencer par la fin?

Commençons par la fin avec la formule conclusive

La musique nous a révélé qu’il y avait 3 sous-sections. Elle met en lumière la citation la plus explicite, à savoir un extrait du Livre d’Isaïe au chapitre 9 dont voici le texte:

 » Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ;sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre,une lumière a resplendi. Tu as prodigué l’allégresse,tu as fait grandir la joie :ils se réjouissent devant toi comme on se réjouit en faisant la moisson,comme on exulte en partageant les dépouilles des vaincus. Car le joug qui pesait sur eux,le bâton qui meurtrissait leurs épaules, le fouet du chef de corvée,tu les as brisés comme au jour de la victoire sur Madiane. Toutes les chaussures des soldats qui piétinaient bruyamment le sol,tous leurs manteaux couverts de sang,les voilà brûlés :le feu les a dévorés. Oui ! un enfant nous est né,un fils nous a été donné ;l’insigne du pouvoir est sur son épaule ;on proclame son nom :« Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort,Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ». Ainsi le pouvoir s’étendra,la paix sera sans fin pour David et pour son royaume. Il sera solidement établi sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours.Voilà ce que fait l’amour invincible du Seigneur de l’univers. »

Il est extraordinaire de se rendre compte que c’est par mimétisme de cette prophétie d’Isaïe que l’on a construit cette Semaine Préparatoire à Noël. En effet le texte nous dit que bien que « l’Enfant » qui est né, que ce « Fils » qui est donné, on devra proclamer son nom avec un chapelet de titres (Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort, Père à Jamais, Prince de la Paix…). Or, durant la Semaine Préparatoire, avant même de prononcer le Saint Nom de Jésus ( car le Nom de Jésus n’est jamais prononcé dans la narration des antiennes), on lui donne déjà un chapelet de 7 titres, qui pas à pas, nous révèle sa Vocation!

D’autre part, nous voyons que la formule conclusive fait elle aussi oeuvre de « réécriture » du 1er verset de ce chapitre 9 du Livre d’Isaïe. L’antienne met en avant l’illumination de ceux qui sont dans les ténèbres et l’ombre. La prophétie biblique, sans le dire, suggère la même idée: l’illumination! Mais, il y a 2 éléments divergents entre cette partie de l’antienne et le texte biblique. D’une part parce que l’antienne nous dit que le peuple est « assis » dans les ténèbres: une position statique. Or le texte biblique dit que le peuple est en marche: une position active.

D’autre part, l’antienne parle de « l’ombre de la mort »: Lieu du séjour des morts, le SHEOL. Alors que le texte biblique évoque uniquement le « pays de l’ombre », ce qui n’implique pas forcément que ce soit le lieu où résident les morts. Ce 2 éléments divergents peuvent nous faire penser que la « réécriture » de ce verset biblique au sein de l’antienne est une « réécriture interprétative » du verset d’Isaïe. On interprète ce verset en l’appliquant aux morts. Car qu’est-ce qu’un mort, si ce n’est une personne qui est en position inerte, statique, en attente; ainsi que quelqu’un qui est dans l’ombre de son tombeau? Cette réécriture interprétative permet de donner du relief au sein de la Nativité! Car lorsque l’Enfant sera né, que Jésus le Fils de Dieu nous sera donné, il aura aussi une autre conséquence: celle de la Résurrection d’entre les morts! Dans l’Enfant de la crèche, on pourra déjà y voir celui qui se relèvera de son tombeau au Dimanche matin de Pâques! Cette réécriture interprétative nous conduit à faire un lien entre Nativité et Dimanche de Pâques!

L’étude musicale de cette formule conclusive avait permis de se rendre compte de la mis en exergue les termes « tenebris » et « mortis« . Or ces 2 derniers avec le mot « ombris » étaient déjà entendus lors de l’antienne du 20 décembre. Ils étaient extraits du psaume 106 (107). Si la musique et la composition littéraire ont créé ce lien, il est normal de penser que ce n’est pas au hasard! On peut dire qu’il y a entre l’antienne du 20 décembre, et cette antienne du 21 décembre, un « phénomène d’intertextualité ».

Qu’est-ce que l’intertextualité si ce n’est l’utilisation de mêmes termes au sein de textes différents. Et c’est la différence d’environnements, de la place dans la narration, qui peuvent alors élargir et ouvrir à une pluralité d’interprétation. Ici c’est le cas car les termes « ténèbres » et « ombres ». Ils sont tous les 2 utilisés dans le psaume 106 (107) ainsi que dans le Livre d’Isaïe; cependant dans les 2 textes, à cause du sens de la narration, ils n’ont pas tout à fait la même portée. C’est ce phénomène d’intertextualité qui alors, nous ouvre à l’interprétation du Livre d’Isaïe comme la dénomination de ceux qui sont au Séjour des morts! Ce même phénomène nous permet alors d’ouvrir le sens de la Nativité, comme l’Annonce de Celui qui va illuminer ceux qui sont parmi les morts, afin de les ressusciter avec lui!

Avec cette réécriture interprétative et ce phénomène d’intertextualité, nous pouvons maintenant « marcher à reculons » afin de comprendre la partie précédente!

Attardons-nous aux 2 premières parties en synchronie.

La difficulté d’interprétation relève précisément de l’élargissement de la compréhension sémantique de l’Orient. En effet la métaphore de l’Orient peut, et nous avions pu poser la problème, désigner soit un lieu géographique, une « orientation« ; soit l’astre qui s’y trouve à son lever, c’est à dire le soleil. Si le phénomène d’intertextualité a « ouvert » le sens de la formule conclusive. Ainsi le début de l’antienne, par mimétisme inversé, comme en miroir fonctionne sur cette même ouverture de sens.

Nous pouvons déjà remarquer la « mise en abime » des métaphores concernant le nom de Jésus-Christ que l’on ne prononce encore pas. Le Nom de Jésus-Christ est à la fois « l’Orient », la « Lumière éternelle », le « Soleil de Justice ».

La force et la puissance poétique de la terminologie « Orient » sont ici totalement déployées.

D’une part parce que la formule introductive implique une désignation de « l’Orient ». Par l’expression « O Orient », nous pouvons en déduire que celui qui chante doit la regarder, et précisément se tourner vers elle afin de la désigner. C’est bien le lieu géographique de l’Orient dont il est question au début de cette antienne, et c’est vers lui que l’on doit « se tourner » et « regarder« . Mais pour y trouver quoi?

Le déploiement littéraire exploite cette « mise en abime », parce qu’au lieu de déployer le contenu du titre introduit par le « o » comme pour les 4 autres antiennes, on y ajoute d’autres titres qui eux aussi sont sous la forme métaphorique! On va plus loin dans la mystère! Avec ce déploiement littéraire, nous montrons la 2ème facette du terme « Orient« , c’est à dire la désignation symbolique de l’astre qui s’y trouve à savoir le soleil.

On utilise en premier lieu le terme « Splendeur de la lumière éternelle« . L’adjonction de cette expression au terme « Orient » nous amène à reconsidérer le sens de ce dernier. En effet en employant le terme lumière, nous élargissons l’interprétation unique du lieu géographique ainsi désigné.  L’expression provient du Livre de la Sagesse (7, 26) qui dit ceci:

«  Il y a dans la Sagesse un esprit intelligent et saint,unique et multiple,subtil et rapide ;pénétrant, net, clair et intact ; ami du bien, vif, irrésistible,bienfaisant, ami des hommes ;ferme, sûr et paisible,tout-puissant et observant tout,traversant tous les esprits,même les plus intelligents, les plus purs, les plus subtils. La Sagesse, en effet, peut se mouvoir d’un mouvement qui surpasse tous les autres,elle pénètre et traverse toute chose à cause de sa pureté. Car elle est la respiration de la puissance de Dieu,le rayonnement limpide de la gloire du Maître souverain;aussi rien de souillé ne peut l’atteindre. Elle est le reflet de la lumière éternelle,le miroir sans tache de l’activité de Dieu,l’image de sa bonté. Comme elle est unique, elle peut tout ;et sans sortir d’elle-même, elle renouvelle l’univers.De génération en génération, elle se transmet à des âmes saintes,pour en faire des prophètes et des amis de Dieu. Car Dieu n’aime que celui qui vit avec la Sagesse. Elle est plus belle que le soleil,elle surpasse toutes les constellations ;si on la compare à la lumière du jour,on la trouve bien supérieure, car le jour s’efface devant la nuit,mais contre la Sagesse le mal ne peut rien. »

Cette citation de l’antienne est elle aussi réécrite par rapport au texte biblique, puisque l’on a substitué le terme « reflet » par « splendeur ». Malgré cela, cette expression est extraordinaire, car elle permet de faire un lien intertextuel entre cette antienne et la première antienne du 17 décembre! Si la lumière éternelle fait ici écho à la Sagesse, alors nous voyons bien que c’est la Source de la Création que nous sommes invités à trouver!

Si le terme « Orient » nous invite à cette « marche intérieure », à « nous tourner » et à « regarder »; alors le terme « lumière éternelle » nous précise le regard: c’est vers le Fils éternel de Dieu, qui avec le Père, a créé le monde avant les siècles! Nous sommes alors inviter à regarder en arrière, à l’origine même et de notre vie, et celle du monde. Mais nous voyons également le lien avec l’illumination de l’intelligence.

Par conséquent, cette « marche intérieure » ne nous invite-t-elle pas à quitter l’obscurité de l’ignorance, et à nous tourner, à regarder, vers la lumière de l’Intelligence; celle qui nous sera donnée par Celui qui vient, qui EST celui qui vient! A ce niveau de l’antienne, celui qui chante cette antienne est invité, implicitement, à confesser sa foi en Jésus-Christ, source et sommet de la Révélation! Avec lui on peut connaitre ce qui est caché depuis les origines. Celui qui va venir est la « clef » de la Révélation!

A ceci s’ajoute le terme « Soleil de Justice » qui provient du Livre de Malachie (3,20). Voici son environnement textuel au sein du livre biblique:

« …Voici ce que vous avez dit : « …Servir Dieu n’a pas de sens. A quoi bon garder ses préceptes, mener une vie sans joie en présence du Seigneur de l’univers ? Nous en venons à déclarer heureux les arrogants ; même ceux qui font le mal sont prospères ; même s’ils mettent Dieu à l’épreuve, ils s’en tirent ! » Alors ceux qui craignent le Seigneur s’exhortèrent mutuellement. Le Seigneur fut attentif et les écouta ; un mémorial fut écrit devant lui en faveur de ceux qui le craignent et qui ont le souci de son Nom. Le Seigneur de l’univers déclara : Ils seront mon domaine particulier pour le jour que je prépare. Je serai indulgent envers eux, comme un homme est indulgent envers le fils qui le sert fidèlement. Vous verrez de nouveau qu’il y a une différence entre le juste et le méchant, entre celui qui sert Dieu et celui qui refuse de le servir. Voici que vient le jour du Seigneur, brûlant comme une fournaise. Tous les arrogants, tous ceux qui commettent l’impiété, seront de la paille. Le jour qui vient les consumera, déclare le Seigneur de l’univers, il ne leur laissera ni racine ni branche. Mais pour vous qui craignez mon Nom, le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement. »

Au sein de son enracinement textuel, le terme « Soleil de Justice » désigne bien un « lever » avec des rayons! L’allusion au lever de soleil, précisément à l’Orient, ne vient que confirmer l’idée que le terme « Orient » désigne à la fois le lieu géographique et l’astre. C’est dans cette expression du Livre de Malachie que converge et s’additionne la double interprétation de la métaphore de l’Orient!  D’ailleurs n’oublions pas que la musique de l’antienne avait précisément mise en exergue cette expression, puisque c’est la première fois que la « modulation » est en même temps cadence conclusive d’une partie. La musique semble suggérer l’importance de ce terme « Soleil de Justice ». Alors comment interpréter cette expression?

Déjà comme l’anticipation de l’Epiphanie, car c’est bien à l’Orient que les mages ont vu se lever l’Astre annonçant la Naissance. Ainsi un lien est suggéré entre la fête de la Nativité et la fête de l’Epiphanie. Mais que va-t-il se « manifester » au juste?

Le texte du Livre de Malachie évoque la question du « retour » du Seigneur en vue d’apporter un jugement équitable! Le texte de Malachie est assez évocateur quant au non sens de la pratique des vertus car il y a plus de bonheur pour les gens malhonnêtes que pour les gens honnêtes! C’est alors qu’est sous-entendu l’idée d’un « retour« … Mais comment concevoir ce « retour » du Seigneur? C’est alors que la venue du Seigneur sera d’une part l’annonce d’un Jugement, mais aussi d’autre part la manifestation de la Justice. Mais un Jugement complètement enraciné dans la Miséricorde!

Tout d’abord, le Seigneur reviendra afin d’apporter un Jugement en fonction de la manière dont nous avons vécu. On peut alors tout simplement y entendre l’annonce du retour de Dieu à la fin du Temps, au moment du Jugement Dernier. La fête de la Nativité serait déjà l’anticipation et l’annonce du retour du Christ à la fin du Temps pour, comme dit le CREDO, « juger » les vivants et les morts. dans ce cas, nous sommes dans le même lien thématique que l’antienne du 20 décembre.

Ensuite, on peut considérer ce verset de Malachie comme la manifestation de Dieu envers la Justice, et par conséquent de manifester en pleine lumière les raisons justifiées d’une vie bonne! Il s’agit de la « manifestation » de la vie selon la Justice! Alors la fête de Noël serait la manifestation de la sainteté. Dans la Sainte Humanité de Jésus, nous pouvons y trouver, comme en pleine lumière, la « manifestation » de la vie selon la Justice, modèle de la Sainteté!

Dans l’une et l’autre interprétation de ce Livre de Malachie, nous avons en fait une visée baptismale qui se dessine! En effet, pour notre existence terrestre, le Baptême nous introduit dans la vie selon la Justice en renonçant au mal. Mais au moment de notre mort, nous serons aussi « baptisés » dans le Jugement miséricordieux du Seigneur! Ainsi, si nous avons à nous « orienter », à nous « mettre en marche »: vers la vie humaine selon la Justice, dans l’attente du Jugement Miséricordieux du Seigneur à la fin du Temps!

Le génie poétique de cette antienne du 21 décembre, réside dans toutes ces harmoniques contenues dans la construction littéraire!

En résumé…

Nous pouvons dire que cette antienne nous prépare déjà à comprendre le baptême! Il y a ici un lien entre Nativité, Epiphanie et Baptême! La fête de la Nativité est alors préparée comme une « Epiphanie »… L’idée de l’Orient, s’accompagnant de l’astre qui se lève, nous place bien dans cette recherche, dans cette marche!

Mais une « Epiphanie bapstimale » nous préparant, comme en miroir, à la double dimension vécue lors de notre vie terrestre, mais également lors de notre mort. La vie baptismale est une vie « illuminée » par la « Lumière éternelle« . Illumination de l’Intelligence lors de notre vie terrestre, et illumination à la Vie en Dieu au moment de la Résurrection après notre mort! Tout cela se révèle à la Nativité et s’opère par Jésus-Christ, avec Jésus-Christ, en Jésus-Christ. La vie baptismale est une vie selon le « Soleil de Justice« . C’est à dire que durant notre vie humaine nous devons sans  cesse renoncer au mal, choisir le bien, et s’engager pour une vie bonne selon la Justice. Mais au moment de notre mort, nous serons jugés selon la Justice: une Justice résolument Miséricordieuse par Jésus-Christ, avec Jésus-Christ, en Jésus-Christ!

Cette antienne nous « oriente » déjà vers le mystère du Baptême! Nous nous préparons à accueillir Celui, qui donnera un sens nouveau au Baptême

A demain pour découvrir la suite de la préparation….

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