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Qui est Jésus? L’antienne du « Roi » pour le 22 décembre 2 janvier 2013

Posté par unpretre dans : Commentaires musicaux,Musique liturgique,Non classé , trackback

Qui est Jésus? L'antienne du Voici une antienne qui met en lumière le deuxième mot de notre « acrostiche en miroir » à savoir « ERO » qui se traduit par « Je serai (là) ». Elle nous introduit dans la compréhension plurielle de la Royauté.

Comme dans un « miroir » qui rend visible ce que nous yeux ne peuvent voir d’eux-mêmes, cette antienne reflète ce qu’elle ne fait pas entendre… Curieux paradoxe! A vous de juger! Mais en plus, elle suggère une marche, concrète et  intérieure, alors que nous sommes immobiles!

Il est vrai que pour entrer dans le mystère de la NATIVITE, la Semaine préparatoire est construite comme un « miroir ». Il s’agit du « miroir d’ERO CRAS ».

Bien sûr « ERO CRAS«  n’est pas une personne, mais tout simplement l’acrostiche que forment les 7 premières lettres des 7 titres qualifiants Celui qui va venir. Mais il s’agit d’un acrostiche construit en « miroir » car le sens des lettres est inversé.

Pour avancer vers la NATIVITE, curieusement nous MARCHONS à RECULONS!

Ces adjectifs permettent de « refléter » le mystère qui va être célébré, car comme le dit la 2ème préface du temps de l’Avent, 7 jours avant nous sommes déjà introduit dans le mystère de Noël!

Venez entendre l’antienne présentant le sixième titre de Celui qui pour nous est né: Rex (Roi), lettre « R » de la phrase « eRo cras »…

Ces titres, s’égrainant comme un chapelet par le chant des 7 antiennes « O », permettent de déployer l’identité et de répondre à cette question redoutable: Qui est Jésus? Qui est Celui qui va se manifester?

Nous avons déjà étudié l’antienne du 17 décembre sur la Sagesse, l’antienne du 18 décembre sur le Buisson Ardentl’antienne du 19 décembre sur la Racine de Jessé, l’antienne du 20 décembre sur la Clef de David, ainsi que l’antienne du 21 décembre sur l’Orient pour comprendre la place de ces antiennes et ce qu’elles  représentent comme « récapitulation » du temps de l’avent.

Pour le 22 décembre, l’incipit de l’antienne, fait entendre le titre « Rex »  dont la composition biblique est assez complexe.

entre-le-transept-et-le-bas-cote-sud-300x224 Abbatiale saint Laurent de Hesse dans Musique liturgiqueVoici cette antienne, qui est chantée en l’église abbatiale saint Laurent de HESSE (57) consacrée en 1049 par le pape saint Léon IX.

Selon l’expression de Dom GUERANGER dans « l’année Liturgique », l’antienne « fait crier » ceci à celui qui la chante:

« O Rex gentium , et desideratus earum, lapisque angularis, qui facis utraque unum : veni, et salva hominem, quem de limo formasti. »

Ce qui peut se traduire par:

« Ô Roi des nations, et de leur désir, pierre angulaire, qui en fait un seul, viens, et sauves l’homme que tu as formé du limon. « 

Pour la mise en musique…

La construction et la structure musicale sont exactement les mêmes que nous avons pu découvrir pour l’analyse des antiennes du 17, du 18, du19, du 20 et du 21 décembre. Nous retrouvons nettement les 3 parties.

La formule introductive retrouve la structure en 2 sections. On commence tout d’abord avec l’arsis: la cadence suspensive sur l’invocation « O ». Puis la 2ème section (thésis) divisée en 2 sous-section: La première sous-section met en lumière le titre Rex, c’est à dire Roi. Enfin, la deuxième sous-section avec une une cadence conclusive sur le mot « Gentium ». L’expression « Roi des nations » provient du Livre de Jérémie au chapitre 10, verset 7.

Le déploiement littéraire passe de 3 à 2 sections! L’arsis se déploie maintenant sur 2 sections. La première section correspond à l’expression « et desideratibus earum« . Elle fait entendre une cadence suspensive sur le mot « earum« . D’un point de vue grammatical, cette section est le complément du sujet « les nations ». Cette expression (objet de leur désir) provient du Livre d’Aggée  (2, 7). La ligne mélodique reprend l’intuition des premières antiennes, à savoir un élan psalmodique conduisant à des ornementations sur le dernier mot. Comme pour la première section de l’antienne du 20 décembre, elle est construite autour de la note modale « Ré ». La 2ème section se poursuit sur le texte « lapisque angularis«  qui conduit à une  « modulation » permettant de mettre en valeur le dernier mot latin « angularis », c’est à dire « angulaire ». Il y a bien une candence conclusive sur ce mot, mais résultant du « modulation ». Ici la mélodie met vraiment en exergue cette nouvelle « dominante » qu’est la note « La »! Par contre, il est à noter que d’un point de vue grammatical, l’expression « Pierre angulaire » provenant du Livre d’Isaïe (28, 16), est le complément du sujet « Roi des Nations« . Il s’agit de qualifier et de donner un titre, à ce fameux Roi. Enfin la 3ème section (thésis) fait entendre le texte « qui facis utraque unum«  qui se traduit par « qui en fait un seul« . D’un point de vue musical, la formule mélodique à cheval entre une formule psalmodique évoluée et une ligne mélodique de type hymne, part de la dominate « La » pour redescendre vers la note modale « Ré », en se terminant par une cadence conclusive sur le mot « unum« . Le plus mystérieux est de considérer le sujet de cette expression tirée de l’idée universaliste que saint Paul décrit dans sa Lettre aux Ephésiens (2, 14). Nous voyons bien que la phrase est au masculin, s’il y a unité c’est pour un objet qui est masculin. Or le seul masculin de la phrase n’est autre que le mot « désir ».  Ce Roi semble permettre une unité de « désir« , mais quel est ce désir? Il est à noter qu’à l’audition, on croirait entendre 3 sections égales.

La formule conclusive passe également de 3 à 3 section.  une 1ère section (arsis) qui met en exergue le verbe « Veni » avec une cadence suspensive. La thésis se déploie maintenant sur 2 sections. La 2ème section fait entendre la phrase « et salva hominem », qui se traduit par « et viens sauver l’homme ». Musicalement cette section ressemble à une formule psalmodique évoluée, et se termine pour une autre cadence suspensive. Enfin la 3ème section, proposant une cadence conclusive sur la phrase « quem de limo formasti » dont la traduction « que tu as formé du limon«  est une allusion directe au récit de Création de la Genèse (01-02). La musique de cette dernière section s’apparente à une mélodie d’hymne. De même que pour le déploiement littéraire, à l’audition on croirait entendre 3 sections égales.

Bien que retrouvant des éléments propres aux premières antiennes, nous pouvons constater qu’elle est assez singulière par sa rigueur et son équilibre de construction. Cette antienne est vraiment entre une psalmodie complexe et une hymne. On croirait entendre une sorte « d’harmonie », révélant 3 parties en 3 sections avec ces contours mélodiques.

Par contre la finesse et la subtilité reposent sur la construction grammaticale de l’ensemble, dont un phénomène de parallélisme est mis en lumière. En effet nous avons un1er ensemble constitué du groupe 1 dont l’adjectif « nations » est rattaché « Roi« . Puis nous avons un groupe 2 dont l’adjectif « désir » est rattaché à « nations« . Le 2ème ensemble suit le même logique puisque nous avons un groupe 3 dont l’expression « pierre angulaire » est rattaché à « Roi« . Et enfin un groupe 4 dont l’adjectif « unité » est rattaché à « désir« , donc à « nations« . Il y a donc une construction grammaticale en parallèle, dont la musique en distingue très nettement les parties, ainsi on peut mieux entendre ces « jeux de sujets« !

Qui est Celui qui va venir avec cette antienne?

L’analyse précédente nous a permis de comprendre que la finesse de cette antienne, repose précisément sur la finesse de sa construction littéraire, dont la musique est dessine admirablement les contours!

Il y a d’un coté le « Roi« , de l’autre coté « Les nations« .

Nous voyons que ce « Roi » est « désiré » par « Les nations« , qu’il est attendu, espéré. On peut alors comprendre le sens du « Veni« . Nous attendons un Roi, et on lui demande qu’il vienne. Autrement dit que sa Royauté advienne! Mais pourquoi ce Roi est-il l’objet de cette attente? Pour une question de pouvoir politique? De pouvoir militaire et de puissance afin d’assurer une suprématie temporelle?

Ce Roi est « Pierre angulaire« . La métaphore employée est assez suggestive. Car il s’agit à la fois d’une solidité de construction, une stabilité temporelle. Dans ce Roi, on peut y mettre toute sa confiance pour que l’édification de son Royaume s’élève harmonieuse et solidement. Mais nous oublions que dans la Prophétie de l’Ancien Testament, celui qui est « pierre angulaire« , est aussi celui qui a été rejeté. Nous retrouvons cela dans le psaume 117 (118); Mais en même temps, il correspond à ce que nous retrouvons dans l’Evangile selon Matthieu (21-33-43) avec la parabole des vignerons homicides, qui refuseront leur Maître allant jusqu’à tuer son Fils envoyé en négociateur. La métaphore de la pierre angulaire induit le lecteur à considérer le drame du rejet complet par les nations. Cette référence biblique de la pierre angulaire nous place directement dans la dramaturgie christique concernant sa reconnaissance à la fois comme « Fils de Dieu« , mais aussi comme « Messie« . Cette dramaturgie conduit au double rejet de Jésus: rejet de son messianisme et de sa filiation divine. Ce double rejet se trouve condensé dans le récit de la Passion, et surtout de son jugement devant Pilate selon l’Evangile de saint Jean! Comment être Roi lorsque nous sommes rejetés par les nations?

Il y a donc une antinomie assez caractéristique qui se manifeste! Car d’un coté l’écrivain de l’antienne souligne que ce Roi est « désiré« , attendu avec empressement, mais en même temps on induit qu’il est complètement « rejeté« ! Pour comprendre, la suite nous le dira…

Ce Roi est « Pierre angulaire », donc il construit une « unité ». La suite est nette, car l’emploi du verbe « faire », atteste bien ce principe de construction. Puisque la métaphore de la pierre angulaire induit l’idée de base solide pour une élévation d’un bâtiment, ainsi c’est sur ce « roi rejetté » que l’on pourra construire solidement une unité, une nouvelle Alliance entre les hommes. L’allusion nous ouvre à l’universalité de Celui qui va venir. En Jésus-Christ, nous pouvons trouver l’unité du genre humain.

S’il y a « unité », c’est du « désir« ! La solidité de la construction repose sur l’unité du désir. Oui mais de quel désir?

Est-ce le même dont on a parlé au début de l’antienne? Est-ce le même que celui de ceux qui attendaient le Messie dans l’Ancien Testament? Est-ce le même désir qui habitaient les disciples de Jean-Baptiste lorsqu’ils ont demandé à Jésus: « Es-tu le Messie où devons-nous en attendre un autre?« .  A travers l’Evangile nous voyons bien que l’on attendait un Messie qui rendraient le souveraineté politique face à l’envahisseur romain. Bref on attendait un Messie politique, un prince, une puissance militaire de domination! Oui on « désirait » un Messie, pour dominer et avoir un pouvoir sur les autres! Et à travers cela, un désir de vengeance! Ce désir là est le désir de la puissance, désir de la souveraineté! Ce qui d’ailleurs est l’expression du péché originel. Car qu’est-ce que le péché d’Adam si ce n’est ce désir là  de vouloir devenir comme un Dieu, suite à la tentation faite par le serpent. Or l’allusion à la formule conclusive de l’antienne, demandant à venir « sauver l’homme formé du limon« , n’est-elle pas le demande explicite de voir anéantir en nous ce premier péché? Cette instinct de toute puissance divine, de domination sur les autres? Bref, d’être des dieux? En sommes, Celui qui va venir, va être celui qui va nous libérer du péché des origines, nous libérer de la « faute d’Adam » que nous avons en héritage. Jésus vient détruire en nous ce désir de toute puissance!

Le plus beau geste que Jésus a posé, pour nous faire entrer dans cette purification du désir et cette Révélation de la vision messianique, c’est à mon sens le lavement des pieds comme mimétisme de la Croix! A travers le lavement des pieds, le Messie s’abaisse pour devenir le Serviteur; faisant de la Croix l’exaltation du Serviteur, de Celui qui s’est abaissé qui est exalté! Au travers de ces 2 gestes, Jésus manifeste une nouveauté radicale dans la compréhension du messianisme!

Entre le lavement des pieds et la Crucifixion, nous retrouvons comme un condensé de cette antienne: Voilà la « pierre angulaire« , rejetée par tous, mais qui a laissé en Testament comme source d’unité du genre humain, le signe de la charité! Dans le  geste du lavement des pieds, nous pouvons y voir la manifestation concrète de cette purification du désir de puissance et de domination sur les autres! Le service fraternelle est alors la théophanie de l’amour, qui fonde l’unité entre les personnes. La Croix, est le nouveau lieu où toutes les nations convergent pour y reconnaitre leur Roi, théophanie de la souveraineté et de la Tout-Puissance de Dieu!

En résumé…

Cette antienne nous invite à voir comment nous désirons accueillir ce Messie. Est-ce comme l’attente ancienne d’un Messie qui assouvira nos pulsions primaires de domination et de puissance?

Où bien la conversion profonde de notre désir? Est-ce l’attente d’un Messie qui fera du « service des frères » la manifestation concrète d’un coeur renouvelé, et qui fera de « ses souffrances » le point culminant de son universalité?

L’antienne nous place déjà dans la perspective du Jeudi Saint, et du Vendredi Saint où comme dira saint Paul, Jésus-Christ a tout mis sous ses pieds: la puissance, la souveraineté, la domination afin d’inaugurer un règne nouveau!

A demain pour découvrir la suite de la préparation….

Commentaires»

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