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La musique pour rechercher Dieu… 6 juin 2013

Posté par unpretre dans : Ecrits personnels,Manifeste esthétique,Musique liturgique,Non classé,Orgue seul,Réflexion sur la musique , trackback

Voici une interview qui a été faite pour la revue officielle du diocèse de Metz: « Eglise de Metz », pour son édition du mois de mai 2013.

Cette édition avait consacré tout un dossier sur le rapport entre l’art et la foi.

La musique pour rechercher Dieu... dans Ecrits personnels orgue-300x224

A quel âge êtes-vous devenu organiste ? Comment êtes-vous monté en tribune la première fois ?

Si je relie à la lumière de l’Ecriture mon parcours musical personnel, je trouve qu’il ressemble à celui de Zacharie dans l’Evangile selon saint Luc : Zacharie, prêtre du Temple, demande instamment à Dieu d’avoir un enfant ; lorsque sa prière est sur le point d’être exaucée par l’annonce angélique, il n’y croit plus du tout. Ce manque de foi entraine la perte de sa parole. A mon niveau, très tôt, j’avais le désir de l’orgue mais dans un cadre liturgique. Vers 5 ou 6 ans, lors d’une fête patronale de mon village, je suis monté pour la première fois à la tribune. Le mixage “son et vision” de l’instrument fut pour moi comme une sorte de révélation. Cependant, malgré ma ténacité à manifester de l’intérêt pour l’instrument, l’organiste n’a pas jugé utile de prendre mon attitude au sérieux. Peut-être étais-je trop jeune… Alors j’ai commencé l’apprentissage de l’orgue par la “vue” de l’organiste, et par “l’ouïe” de la musique. J’avais les yeux et les oreilles mais, comme Zacharie qui n’avait ni la bouche ni la langue déliées, je n’avais pas encore de “mains”! J’étais comme un “musicien muet”.

A coté de cette formation par l’oreille et par la vue, c’est à onze ans que j’ai commencé à prendre vraiment des cours d’orgue à Sarrebourg. Et puis un jour, comme Zacharie dont la langue a pu se délier, j’ai accompagné ma première messe. J’avais 15 ans. Vers 16 ans, j’étais un organiste régulier. Il me fallut donc près de dix ans d’initiation par la vue et l’oreille, et cinq ans d’apprentissage de la technique, pour commencer à savoir “parler” de manière autonome et, par le service de la musique liturgique, rendre grâce à Dieu.portrait-01-300x242 dans Manifeste esthétique

Licencié en musicologie, vous avez été titulaire de plusieurs orgues en Moselle. Pourquoi cet attrait pour l’orgue et pour la musique en général ?

Effectivement, à partir de seize ans, j’ai été “titulaire” en l’abbatiale Saint-Laurent de Hesse, et remplaçant régulier dans trois autres lieux. En relisant ces débuts, je rends grâce que l’organiste de mon village ne m’ait pas tout de suite mis le pied à l’étrier car cet oubli m’a permis de développer l’écoute musicale : dans ces quatre lieux où je jouais régulièrement, j’ai remarqué que tout était différent et que je devais sans cesse adapter la registration, la manière d’accompagner, les solos, afin de “sonner” en communion avec l’assemblée. Je devais m’adapter. Puis il y eut le séminaire et la musicologie. Je sentais en moi que j’avançais en faisant des va et vient. C’est alors que le discours de Benoît XVI au collège des Bernardin en 2008 fut pour moi le moyen de comprendre. Il parlait de la “recherche de Dieu” en s’appuyant sur un livre de Dom Jean Leclerc, moine de l’abbaye de Clervaux où je suis oblat. Il montrait comment le “désir de Dieu” s’accompagne “d’un amour des Lettres” : dans la culture européenne du monachisme occidental, la recherche de Dieu se conjugue avec une école de grammaire pour scruter les Écritures. C’est ainsi que j’ai compris le sens de ma démarche personnelle : la recherche de Dieu s’est conjuguée avec l’amour de la musique précisément parce que la musique n’est pas un simple décor ; elle est constitutive de la liturgie au sein de laquelle Dieu se communique. Ainsi j’ai essayé de rechercher Dieu non seulement avec le génie théologique et exégétique, mais aussi avec l’aide du génie grammatical de la musique.

Aujourd’hui, comment liez-vous votre passion de la musique et votre ministère de prêtre ?

Avant l’ordination, j’ai essayé d’être fidèle et engagé dans le service musical à l’orgue, et j’y ai trouvé tant de choses qui me nourrissent encore maintenant. Avec l’ordination, tout comme Job et sa célèbre maxime « Le Seigneur a donné, le Seigneur a ôté, que le Nom du Seigneur soit béni », j’ai vécu cela. J’ai dû apprendre à rendre à Dieu ce qu’il m’avait donné. Actuellement, je m’investis au sein de la formation diocésaine des organistes lors du stage annuel organisé par la Commission Diocésaine de Musique Liturgique (C.D.M.L) et le Centre Diocésaine de Formation des Organistes (C.D.F.O.). J’anime aussi une émission hebdomadaire sur Radio Jerico « STELLA SACRA ».

Hélas, je ne travaille plus beaucoup l’orgue. J’essaye de me concentrer de temps à autre sur la composition. Mon dernier travail fut la mise en musique de la Passion selon saint Jean en français pour deux solistes et choeur. Ce projet me travaille depuis presque dix ans. Cette Passion a été interprétée ce Vendredi Saint en l’église Sainte-Thérèse de Metz. Au préalable j’avais pris le temps de m’informer sur les études historique et théologique de la prière et des rites, en les faisant dialoguer avec des recherches exégétiques et littéraires sur ce récit johannique pour écrire dans ce cadre liturgique. Pas simple mais tellement intéressant.

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