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Lumière pour l’homme aujourd’hui 11 mai 2016

Posté par abbohler dans : Commentaires musicaux,Musique liturgique , trackback

Libre commentaire de l’hymne « Lumière pour l’homme aujourd’hui » (cote SECLI E. 61.03) dont le texte est de Didier RIMAUD (1922-2003) et la musique de Jo AKEPSIMAS (1940 -  )

Publié par l’Union Sainte Cécile, dans le revue CAECILIA du Service Diocésain de Pastorale Liturgique et Sacramentelle, de musique et d’art sacré de l’archidiocèse de Strasbourg, dans son édition N°03 de mai 2016.

14) CAECILIA 03.2016. La samaritaine

La Samaritaine

                 Bien que classé parmi le répertoire liturgique du temps de l’avent (côte SECLI E), cette hymne strophique de Didier RIMAUD pourrait-être citée en exemple de renouvellement du genre.

                En commentant le psaume 01[1] saint Ambroise de Milan suggère trois expériences que l’on peut vivre à travers le chant d’une hymne : La séduction esthétique exercée sur l’auditeur par le chant choral. L’illumination intérieure par la vérité de foi décantée par le chant. Enfin, l’adhésion du cœur face à ce jaillissement de la Grâce. La qualité de l’hymne de Didier RIMAUD permet de mettre en perspective ces trois dimensions.

 

                La séduction esthétique provient de la construction littéraire. Cette hymne n’est pas longue puisque ne possédant que trois strophes. Cependant chaque strophe est rythmée par huit périodes que la musique de Jo AKEPSIMAS met bien en exergue. La succession de ces huit périodes permet un jeu de rimes que l’on peut résumer ainsi : A-B-B-C-C-A-D-A. Mais à l’oreille, la séduction repose sur l’assemblage original de ces périodes en deux parties non équilibrée. Nous avons d’une part A-B-B-C-C-A, puis comme détachées D-A. Il y a comme un phénomène d’élargissement, d’expansion.

                L’illumination intérieure repose sur la correspondance biblique de chacune des périodes et de leur progression vers un accomplissement. Les rimes A-B-B-C de chacune des strophes évoquent une thématique de l’Ancien Testament, auxquelles s’associent les rimes C-A avec des allusions évangéliques. Les deux dernières rimes D-A proposent une actualisation de ce parcours biblique, afin que dans le cœur du croyant, l’Ancien comme le Nouveau Testament trouvent un accomplissement. L’adverbe « comment » provoque cette interrogation. Ce parcours initiatique nous permet de passer de l’Ecriture au Baptême comme lieu d’accomplissement, posant la question de la vie baptismale.

                L’hymne nous fait vivre par le chant, un parcours biblique où le mouvement de l’Incarnation et du Salut se rendent visibles par l’audition des mots choisis. De la lumière, on passe à la Parole dans la chair jusqu’à la semence en nos corps. Du pauvre qui espère, on passe à l’homme qui croit jusqu’à la vie de Dieu donnée au Baptême. Les strophes suggèrent peut-être une allusion poétique à l’aveugle-né (toucher les yeux), à la Samaritaine (ouvre ma bouche à cette voix) et à Lazare (la vie germe dans la cendre). Cette hymne propose toute une catéchèse baptismale justifiant une utilisation dans le cadre de l’avent.

                L’adhésion du cœur est inscrite dans l’hymne, puisque chaque strophe se termine par une interrogation, laissant la liberté à celui qui chante, de prolonger en lui le pèlerinage. Cette hymne fait penser à un authentique processionnal. Mais un processionnal intérieur, où celui qui chante se plonge dans l’Ecriture, revient à la source de son baptême pour remettre en mouvement, susciter un appel, raviver la Grâce.

                Quant à la musique, elle suit le rythme et la construction des rimes. Concernant les périodes liées aux allusions à l’Ancien Testament, nous voyons comme un rétrécissement des intervalles, de la quinte on passe à la seconde. Pour les périodes consacrées aux allusions évangéliques, la ligne mélodie partant de la note la plus élevée, est résolument descendante. Enfin, les périodes liées aux questionnements personnelles ont une ligne mélodie dans l’esprit du début.

 


[1] Ambroise de Milan, Hymnes, Coll patrimoine du christianisme, Paris, Cerf, 2008, p35, commentaire de saint Ambroise sur le psaume 01.

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