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Rude est le chemin (A 184-1) 16 mai 2017

Posté par unpretre dans : Commentaires musicaux,Ecrits personnels,Musique liturgique , trackback

Commentaire musical publié dans la revue liturgique de l’archidiocèse de Strasbourg CAECILIA, pour son 3ème numéro de 2017.

Multiplication des pains, Mosaique-st-sauveur, IstambulMosaïque de la multiplication des pains, Saint-Sauveur in Chora, Istambul

La Commission Francophone Cistercienne (cfc-liturgie.fr) a pour but de rassembler, sauvegarder et partager un Corpus de textes constituant un patrimoine liturgique contemporain pour le mettre à la disposition des compositeurs.  Les textes sont travaillés suivant 3 directions : fondés en théologie, d’une vraie qualité poétique, susceptibles de prendre place dans un rite. Ils permettent grâce à l’expérience vocale, de pouvoir entrer dans l’intelligence de l’Ecriture.

            Ce Tropaire est un modèle du genre, proposant un beau chemin spirituel.

                La stance est en 3 périodes, dont la mise en récit actualise la marche du prophète Elie à travers le désert, vers la montagne de l’Horeb (1 R 19,1-8). Le prophète fortifié grâce au pain et à l’eau donnés 2 fois par un ange, peut accomplir cette traversée. L’ange lui révèle que cette nourriture lui donnera la force. Appuyé sur ce récit de l’Ancien Testament, le texte de la stance reprend l’ensemble des éléments mais les traite comme des « figures », c’est-à-dire qu’ils sont des signes qui vont annoncer le Christ. La forme interrogative va créer un lien avec le refrain qui sera la réponse.

            Le refrain est un acte de foi de l’assemblée envers Jésus-Christ: on reconnait qu’il est le « Pain de Dieu ». Ainsi le pain qu’Elie reçut de l’ange est un signe qui annonce Jésus qui se donne en nourriture. De plus, on reconnait que Jésus nous « donne la vie », faisant écho au discours johannique (Jn 6) au sein duquel Jésus se déclare : « Je suis le pain de vie » (Jn 6,35).

Le lien textuel stance-refrain met en relation la marche d’Elie vers l’Horeb et le discours sur le Pain de vie.

  Pour les couplets, Jésus en en train de parler à l’assemblée. Il se présente comme la force, la joie et la vie.  Ces caractéristiques semblent provenir du discours qu’il prononça après le lavement des pieds au cours de la Sainte Cène. La construction narrative se compose d’abord d’une première période où l’on reformule une citation quasi textuelle de l’Ancien Testament, à laquelle répond une autre période par « Je serai… ». Les couplets deviennent l’enseignement de Jésus, montrant comment sa prière au soir de la Cène accomplie l’Ecriture et comment il nous guide pour approfondir le mystère du pain eucharistique.

Voici la synthèse biblique.

  1. Couplet 01: Is 41,10 et Jn 16,33.
  2. Couplet 02 : Ps 77,2-3 et Jn 16,22.
  3. Couplet 3 : Ps 116,3 et Jn 17.

La musique de Joseph GELINEAU (1920-2008), en mode de ré jouant sur l’ambiguité du si tantôt bémol tantôt bécarre, est sobre et parfaitement efficace par rapport au cheminement textuel et spirituel. Il y a une différence rythmique entre la stance et le refrain. L’augmentation des valeurs et l’apparition de soupirs font que l’on met en évidence le nom de Jésus et la confession de foi de l’assemblée. Les couplets en style psalmodique pourront être exécutés par un soliste.

Ce tropaire pourra servir durant le temps ordinaire où le discours sur le Pain de Vie est lu. De même qu’au Jeudi Saint et à la fête du Saint-Sacrement.

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