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Depuis l’aube où sur la terre (I29) 13 mars 2018

Posté par unpretre dans : Commentaires musicaux,Musique liturgique , trackback

Libre commentaire du cantique « Depuis l’aube où sur la terre » (I29), publié dans le N°02 de la revue de musique liturgique CAECILIA (archidiocèse de Strasbourg) pour l’année 2018.

Le texte de ce cantique est des jésuites Didier RIMAUD (1922-2003) et de Bernard GEOFFROY (1910-1971)

La musique est une ancienne mélodie allemande.

23) Bazaine, chapelle de la Madeleine, aurore pascale

Bazaine, chapelle de la Madeleine

                  Evoquer le cantique I29 « Depuis l’Aube où sur la terre » c’est rendre hommage à l’histoire[1] d’un recueil de cantiques liturgiques : « Gloire au Seigneur » publié en 1946, augmenté en 1952 et 1960.

                A l’origine il y avait un homme, le jésuite Bernard GEOFFROY qui arrivant au collège de Provence à Marseille en 1945, décida d’élargir le répertoire pour les célébrations liturgiques. C’est alors qu’il fit appel à des poètes de renoms tels que Jean-Claude RENARD (1922-2002), Luc ESTANG (1911-1992) et Patrice DE LA TOUR DU PIN (1911-1975). Il avait le mérite d’un projet ambitieux pour ses élèves car il voulait une authentique création littéraire pour éviter les clichés sulpiciens et la faiblesse textuelle peu nourrissante des cantiques.

                La méthodologie était elle-même ambitieuse avec des critères précis: qualités esthétiques et spirituelles, orthodoxie théologique, capacité à être mis en musique. Bernard GEOFFROY voulait d’abord une qualité littéraire, « capable » d’être mise en musique dans un second temps. Il voulait un texte avant la musique. Ce qui peut se comprendre car si la langue maternelle n’est pas encore une langue liturgique à cette époque, elle doit donner le meilleur d’elle-même pour « entrer en liturgie ». Chanter en français dans un cadre liturgique c’est honorer et servir le génie propre d’une langue.

                Quant à la musique, Bernard GEOFFROY faisait appel soit à des compositeurs expérimentés, soit il reprenait des mélodies anciennes dont Louis LIEBARD (1908-2010) lui en proposait des harmonisations. La mise en musique qui va suivre le travail d’écriture va renforcer ce service de la langue française. Ce fût le cas pour notre cantique : la mélodie anonyme vient d’Allemagne et l’harmonisation proposée dans « Gloire au Seigneur » est de Louis LIEBARD.

                C’est dans cette perspective qu’un autre jésuite, lui aussi enseignant au collège de Provence de Marseille, travailla à ce projet. Il s’agit de Didier RIMAUD. Pour l’éducation et la formation des élèves au sens du temps pascal et du mystère eucharistique, les deux jésuites écrivirent le texte de notre cantique.

                A sa structure régulière de 5 quatrains où chaque vers possèdent 7 syllabes, s’ajoute une rigoureuse construction des sons. Pour chaque quatrain les vers impairs finissent par une syllabe féminine avec le son « ». Quant aux vers pairs ils finissent par une syllabe masculine avec le son « ou ». Cette alternance rigoureuse des sons « e » et « ou » va créer une dynamique litanique. Cet aspect se retrouve dans chaque dernier vers où l’on s’adresse à Jésus en lui demandant, telle une litanie, de rester avec nous, de marcher avec nous, de veiller avec nous, de souffrir avec nous, de nous accueillir. Celui qui chante devient alors un pèlerin d’Emmaüs, et par les 5 strophes, l’intelligence biblique de l’expérience pascale devient une réalité de foi pour aujourd’hui.

                Mais ce récit évangélique exprime tout autant qu’une expérience eucharistique. C’est pourquoi, il pourrait trouver sa place en tant que processionnal de communion durant le temps pascal.


[1] Martine Bercot et Catherine Mayaux, Poésie et liturgie : XIXème et XXème siècle, Bern Peter LANG, 2006, p.183.

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